La fierté de Sophie, c’est de voir l’enthousiasme de la palanquée de bénévoles et de l’équipe des salariés pour organiser ces résidences. Le projet est très humaniste, les artistes sont hébergés chez les bénévoles, et tout ce petit monde est porté par les mêmes valeurs et les mêmes enjeux. Cet engagement s’est vu récompensé en 2023 par le Ministère de la Culture qui a décerné l’appellation “Scène conventionnée d’intérêt national” mention “Art en territoire” au festival.
Car Sophie Scellier n’est absolument pas intéressée par simplement organiser un concert ou même un festival, de juste attendre de voir les chiffres des retombées financières et les commentaires pour savoir si le divertissement a plu, le tout sous une injonction de réussite économique. Ce qui l’anime, ce sont toutes les relations et les liens créés entre le patrimoine, les artistes, la musique, les habitants, les élus, les enfants, les résidents d’Ehpad…
C’est dans cette logique que cette année elle se lance avec l’association dans la création de l’Orchestre d’Ardèche. Un nouveau projet ambitieux qui fédère encore plus les musiciens locaux, et met en lumière les talents d’Ardèche, qui verra le jour en avril 2027.
Car l’ambition c’est l’accessibilité. Géographique, pour que chaque Ardéchois du Sud puisse trouver une action musicale chaque saison à moins de 15 minutes de chez lui, et financière avec beaucoup de formats gratuits ou à tarifs « libres et conscients ».
Les musiciens et choristes amateurs locaux deviennent aussi acteurs du festival : certains concerts sont accompagnés par les élèves des écoles de musique ardéchoises. Les enfants font leurs répétitions dans des Ehpad pour apporter de l’animation, et pratiquent avec les artistes.
L’idée est aussi de renouveler le public : pas besoin de sortir d’un grand conservatoire pour apprécier la diversité de ces concerts, et même les enfants se régalent avec des formats courts et adaptés.
D’ailleurs, depuis 2 ans, 8 des collégiens élus par le Conseil Départemental des Jeunes de l’Ardèche participent à une programmation commune. En juin, on a donc pu écouter du « rap pop électro trad franco-japonais », entre les 4 saisons de Vivaldi et le Chant de la Terre de Mahler.
Sophie souhaite emmener tous les Ardéchois, quel que soit leur profil, dans le mycélium de Labeaume en Musiques. Toute cette effervescence émanant de Sophie a donné envie à l’une de ses filles de jouer de la flûte et d’ailleurs toute sa famille est devenue bénévole pour le festival. Au-delà de l’amour pour son travail, Labeaume en Musiques est devenu un projet familial !
Mais même si 10 ans plus tard Sophie ne souhaite toujours pas jouer d’un instrument, elle reste encore fascinée par les esthétiques de la musique apportées par ces artistes du monde. Lors des 30 ans cette année on a pu voir des Camerounaises jouer de leurs mains nues des percussions dans l’eau de Labeaume selon une tradition matrimoniale, ou admirer un duo poétique entre un acrobate de cirque et une violoncelliste…
Car finalement ne pas être musicienne et ne pas en avoir la formation, c’est permettre à Sophie Scellier d’incarner le public qu’elle vise : ne pas avoir le poids de la connaissance qui permet d’être toujours émerveillée et emportée par la musique grâce à son cœur d’enfant !