« Les carottes de machin, le veau d’untel » c’est pas du joli « storytelling », c’est un partenariat durable. C’est cet engagement qui a motivé Richard à fonder en 2013 les Toqués d’Ardèche. Cette association de chefs ardéchois partage les mêmes valeurs : manger mieux, en valorisant la gastronomie du territoire, le respect de l’environnement et une préférence pour les circuits courts.
Mais ni le local ni l’étoile ne sont une prison, et il est le premier à le dire : s’imposer un localisme absolu serait se priver de produits de qualité comme les coquillages, le foie gras ou même le poulet de Bresse ! Parce que le territoire ardéchois ne peut pas tout donner, le chef n’hésite pas à sélectionner de beaux produits d’ailleurs, selon ses critères et son éthique. C’est d’ailleurs pour ça que leur second restaurant, ouvert en 2021, s’appelle Terroirs de Cuisine. Les Terroirs donc. Au pluriel, assumé. Les techniques de cuisson japonaises qui ont appris à la France à laisser la chair du poisson nacrée plutôt que surcuite ? Il les a intégrées sans complexe. L’Ardèche est le point de départ, pas une limite.
Son produit fétiche, c’est le ris de veau. Et par extension, les abats, que les gens ne cuisinent plus chez eux, que les restaurants ont oubliés, et que Richard s’obstine à sublimer. Il compte parmi les champions européens des produits tripiers. Sa conviction sur le sujet est simple et radicale : la noblesse d’un produit ne préexiste pas. Ce n’est pas l’ingrédient qui décide de sa valeur, c’est ce que le cuisinier en fait. Une châtaigne peut être sublime. Un ris de veau peut être banal. Ou l’inverse. Tout dépend du geste, de la technique, de l’intention. C’est pourquoi chaque jeudi, à Terroirs de Cuisine, Richard propose son “plat canaille” où on redécouvre les saveurs des pieds paquets, du tablier de sapeur, ou encore des tripes.