JEREMY GRECQ-VIDAL

Article paru en juillet 2026
Mis en ligne en juillet 2026

Jérémy Grecq-Vidal - La culture au cœur

En Sud Ardèche, impossible de trouver une association culturelle 
pour laquelle il est un inconnu !
Depuis une bonne quinzaine d’années celui qu’on appelle Jim
est devenu un incontournable du secteur alternatif.
Rencontre avec un passionnant passionné.

Jérémy Grecq 1
Jérémy Grecq 1
Dans la chaleur du mois de juin, Jérémy nous reçoit à Labégude dans la maison de village qu’il a récemment rénovée, modernisant l’existant tout en en sublimant le cachet, comme il sait le faire aussi dans son domaine de prédilection, l’événementiel. Natif de Saint-Maurice-d’Ibie, l’exploitation agricole familiale où sa maman, aujourd’hui encore, travaille au rythme des abeilles et de « tout ce qui pousse », ne le prédestinait pas forcément à une carrière dans le secteur culturel, sa scolarité non plus. C’est au GRETA d’Aubenas que Jérémy se frotte à différentes formations, dans le tourisme au départ et puis, rapidement, dans le spectacle vivant. En 2012 avec quelques amis, il monte Bass t’Ard une association dont il est toujours le président et qui se décline aujourd’hui dans plusieurs domaines : le catering (1) avec Bass t’Ard Kitchen, la sérigraphie avec Bass t’Ard Print, la musique aussi avec Bass t’Ard Music et Bass t’ard Technic, autant de pôles qui subliment les compétences et les envies de chacun sur un territoire où ce collectif a su prendre une place qui épaule et soulage de nombreuses structures souvent en déficit de moyens ou de savoir faire.
« Certains membres de notre association y ont beaucoup appris et ont ensuite trouvé leur voie professionnelle en créant leur entreprise en lien avec ce qu’ils faisaient déjà au sein du collectif, c’est un projet qui a permis à pas mal de gens de se professionnaliser.  » 

Jérémy est un touche à tout : parfois au commandes de régies lumière ou derrière les platines, il accompagne aussi des artistes dans leur communication ou vers la professionnalisation, organise des événements, coordonne des dispositifs… 
Son appétence et sa soif de découverte n’ont d’égal que sa bienveillance et son envie de partager son amour de la culture avec celles et ceux en qui il retrouve sa sincérité et sa passion.
Au départ, les Rencontres d’ici et là (Genestelle), les Oiseaux de Passage (Lentillères), et d’autres sont pour lui et son collectif un terrain d’expérimentation, il apprend, il découvre, il écoute, et tisse peu à peu son réseau. Stéphan Telbo le forme à la gestion d’une régie lumière et rapidement le Kazkabar à Joyeuse lui propose de relever un nouveau défi : assurer la programmation et développer ce lieu culturel naissant. 
L’aventure va durer quelques années, là encore il apprend beaucoup, il devient programmateur musical à part entière et jongle avec de nouvelles problématiques : les contraintes techniques, les attentes du public, les négociations, les budgets…  
« A l’époque on recevait un peu plus de 1000 personnes par mois, 12 000 par an, pour un village comme Joyeuse c’était énorme ! »
Ce coté « homme de l’ombre » lui convient très bien, il prend beaucoup de plaisir à faire vivre ce lieu qui, avec ses 450 places debout, est alors la plus grande salle de spectacle du département derrière les Théâtres de Privas et de Vals-les-Bains. Il y assure aussi la régie lumière et garde un souvenir attendri de ces années là, de l’équipe de choc au sein de laquelle il évoluait qui avait su « faire bouger les choses » et dynamiser un territoire où les alternatives aux fêtes votives et aux festivals commerciaux et historiques se faisaient de plus en plus rares.
« On créait souvent l’événement, comme quand sont venus Ange, Pigalle, Highlight Tribe, Grupo Compay Segundo (…) c’était aussi excitant qu’épuisant. »
Pendant cette période, il n’oublie pas le réseau qu’il a tissé jusqu’alors, c’est ainsi que pas mal de musiciens se laissent convaincre de baisser leur tarifs en échange de plusieurs concerts dans le coin, dans les cafés et les campings du territoire, s’octroyant au passage quelques jours de détente ou de canoë.
C’est aussi à cette période qu’il commence à se mettre un peu plus dans la lumière, en proposant des sélections musicales aux platines sous le nom de Joie un personnage féminin qu’il fera finalement mourir sur scène après 9 ans à écumer les dancefloors.
C’est ensuite en pleine période Covid qu’il se lance un nouveau défi : insuffler, avec l’appui de Jean-Paul Roux (ancien maire de Lussas), une programmation culturelle au sein du Village Documentaire de Lussas, L’Imaginaïre. Depuis son poste de coordinateur, il va donner une toute autre visibilité à ce lieu dédié à l’image mais qui bénéficie d’espaces et d’équipements de grande qualité, en y apportant son expertise et de véritables moments de rencontres entre le public, les habitants et le spectacle vivant. Une réussite encore une fois puisque dès la deuxième saison culturelle, 90% des spectacles affichent complet. Il faut dire qu’il ne ménage pas ses efforts et renforce aussi à cette époque ses liens avec d’autres passionnés, dans le secteur de la vidéo cette fois ci, continuant ainsi d’étendre son réseau sur le territoire. 
Il n’arrête pas pour autant le bénévolat pour son association et les autres, et colle autant des affiches que ce qu’il met les acteurs culturels en relation ou pousse les potentiomètres des consoles lumière. 

 
Jérémy Grecq 3
Jérémy Grecq 3
Après presque 4 ans à Lussas, il participe ensuite au début de l’aventure du Tilt au Teil, un tiers-lieu pluridisciplinaire où il est en charge de la programmation pendant plus de deux ans, mais le territoire est différent, le secteur plus urbain, le public plus morcelé. Il y reste tout de même presque deux ans et lance de nombreux projets autour du spectacle vivant. 
« Je constate avec beaucoup de bonheur que le lieu a depuis conservé cette dynamique et qu’il y a une vraie continuité dans ce qui est proposé. C’est un espace auquel il faudra peut-être plus de temps qu’à d’autres pour s’imposer, mais c’est en très bonne voie. »

Désormais en attente de son prochain challenge, il reste une cheville ouvrière majeure du secteur culturel associatif en sud-ardèche : il accompagne, conseille et oriente les artistes vers la professionnalisation et leur donne quelques tuyaux pour améliorer leurs communications. Il s’implique aussi auprès de nombreuses structures locales telles que le Pas de coté à Mercuer dont il est proche depuis le départ, ou encore le Moulin’Art à Asperjoc, des tiers lieux aussi comme le Vesseaux-Mère à Vesseaux ou des partenaires comme La Ferme à Aubenas, et d’autres encore, sans pour autant délaisser sa propre association. Très attaché à la sécurité des ERP (2) il a également obtenu une formation dans ce domaine.
Jérémy porte un regard confiant sur le secteur en terme de propositions culturelles : « Malgré les subventions en baisse, voire supprimées parfois, je sens que les volontés culturelles sont de plus en plus affirmées et structurées, et tout ça crée une émulsion qui profite à tout un territoire. On a pas ici les mêmes réalités de terrain qu’en ville ou que dans d’autres zones rurales, mais nous avons su en faire une force. »
Il n’a pas son égal pour mettre en relation les artistes ou les structures chez qui il décèle de la complémentarité et continue de proposer des prestations aux lumières ou aux platines, que ce soit dans une esthétique plutôt hip-hop sous le nom de DJ Belsunce ou dans une fusion électro hip-hop sous le pseudonyme Le Grec avec un DJ set « salade tomate oignon » qui joue avec son patronyme.

Autant vous dire que d’une manière ou d’une autre, il n’en a pas terminé avec la culture dans le département, pour le plus grand plaisir ce celles et ceux qui y vivent.
(1) Catering : l’art de fournir des repas et des boissons dans un cadre spécifique tel que des évènements culturels ou des tournages.
(2) ERP : Etablissements Recevant du Public 

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En savoir plus

Cet été, Jérémy est impliqué dans pas mal d’événements qui vont animer le territoire, notamment :
Le festival Mezilhac Attacks avec entre autres It it Anita at Radio Bizance les 24 et 25 juillet à Mezilhac,
organisé par le Moulin’Art. FB : mezilhac.attacks

Les spectacles estivaux du Pas de Coté à Mercuer : 
11 juillet à 20h30 : « Time is color » (jazz/funk/hip hop)
18 juillet à 19h30 : Carte Blanche Tungstène Théâtre
1er aout à 20h30 :  Nott (indie folk) et Talweg (dub cumbia)
lepasdecote-mercuer.fr
Texte : Vincent Guigon
Clichés : Collection Jérémy Grecq-Vidal