Au départ, les Rencontres d’ici et là (Genestelle), les Oiseaux de Passage (Lentillères), et d’autres sont pour lui et son collectif un terrain d’expérimentation, il apprend, il découvre, il écoute, et tisse peu à peu son réseau. Stéphan Telbo le forme à la gestion d’une régie lumière et rapidement le Kazkabar à Joyeuse lui propose de relever un nouveau défi : assurer la programmation et développer ce lieu culturel naissant.
L’aventure va durer quelques années, là encore il apprend beaucoup, il devient programmateur musical à part entière et jongle avec de nouvelles problématiques : les contraintes techniques, les attentes du public, les négociations, les budgets…
« A l’époque on recevait un peu plus de 1000 personnes par mois, 12 000 par an, pour un village comme Joyeuse c’était énorme ! »
Ce coté « homme de l’ombre » lui convient très bien, il prend beaucoup de plaisir à faire vivre ce lieu qui, avec ses 450 places debout, est alors la plus grande salle de spectacle du département derrière les Théâtres de Privas et de Vals-les-Bains. Il y assure aussi la régie lumière et garde un souvenir attendri de ces années là, de l’équipe de choc au sein de laquelle il évoluait qui avait su « faire bouger les choses » et dynamiser un territoire où les alternatives aux fêtes votives et aux festivals commerciaux et historiques se faisaient de plus en plus rares.
« On créait souvent l’événement, comme quand sont venus Ange, Pigalle, Highlight Tribe, Grupo Compay Segundo (…) c’était aussi excitant qu’épuisant. »
Pendant cette période, il n’oublie pas le réseau qu’il a tissé jusqu’alors, c’est ainsi que pas mal de musiciens se laissent convaincre de baisser leur tarifs en échange de plusieurs concerts dans le coin, dans les cafés et les campings du territoire, s’octroyant au passage quelques jours de détente ou de canoë.
C’est aussi à cette période qu’il commence à se mettre un peu plus dans la lumière, en proposant des sélections musicales aux platines sous le nom de Joie un personnage féminin qu’il fera finalement mourir sur scène après 9 ans à écumer les dancefloors.
C’est ensuite en pleine période Covid qu’il se lance un nouveau défi : insuffler, avec l’appui de Jean-Paul Roux (ancien maire de Lussas), une programmation culturelle au sein du Village Documentaire de Lussas, L’Imaginaïre. Depuis son poste de coordinateur, il va donner une toute autre visibilité à ce lieu dédié à l’image mais qui bénéficie d’espaces et d’équipements de grande qualité, en y apportant son expertise et de véritables moments de rencontres entre le public, les habitants et le spectacle vivant. Une réussite encore une fois puisque dès la deuxième saison culturelle, 90% des spectacles affichent complet. Il faut dire qu’il ne ménage pas ses efforts et renforce aussi à cette époque ses liens avec d’autres passionnés, dans le secteur de la vidéo cette fois ci, continuant ainsi d’étendre son réseau sur le territoire.
Il n’arrête pas pour autant le bénévolat pour son association et les autres, et colle autant des affiches que ce qu’il met les acteurs culturels en relation ou pousse les potentiomètres des consoles lumière.