Vivant sa vie professionnelle aux services techniques de la ville de Saint-Malo, il délaissa l’art pictural, faute de temps entre son métier, sa famille et son plaisir de la pêche en mer. Il n’en fut pas frustré car il savait au fond de lui qu’il y reviendrait un jour ou l’autre. Son intuition était juste et il reprit ses pinceaux pour donner libre cours à son envie d’aquarelles. « Cette technique rapide et exigeante m’attirait, explique Jean-Yves. J’aime cette relation à l’eau et à la couleur. En plus l’aquarelle permet de facilement peindre en extérieur. » Entièrement autodidacte, il a commencé par regarder comment faisaient les autres pour ensuite s’essayer à reproduire encore et encore jusqu’à trouver le geste juste et appréhender sa propre technique.
« L’apprentissage fut difficile, reconnait-il. En 1995, j’ai rejoint l’association Les Peintres Amateurs de la Gouesnière, un petit village près de Saint-Malo. Il y avait un aquarelliste mais il ne savait pas transmettre sa technique. »
Homme d’engagement, il en devint le président et donna lui-même des cours d’aquarelle aux artistes en herbe. Quand l’heure de la retraite sonna, il poursuivit cette transmission chez lui. Aujourd’hui, il encadre huit cours hebdomadaires pour une trentaine d’élèves à Saint-Malo. « C’est contraignant, assure-t-il, mais je le fais avec passion. Je transmets ce que je connais et expérimenté. J’utilise la technique du pas à pas avec mes élèves, c’est-à-dire que je fais le tableau avec eux ; par quoi commencer, comment cadrer. L’aquarelle est une technique à l’envers de l’huile parce qu’on commence par le fond et on remonte les couleurs en les réhaussant. Et puis le blanc n’existe pas en aquarelle, il est présent uniquement quand on laisse le blanc du papier ou en utilisant la technique du drawing gum qui est une gomme liquide déposée au porte-plume et que j’enlève une fois sèche pour créer des réserves aux endroits où je ne veux pas qu’apparaisse la couleur. »