LES ROMAINS À ALBA

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   03-11-2009
La présence du site archéologique d’Alba est connue depuis fort longtemps, mais ce n’est qu’au cours des années quatre-vingt, à l’occasion de transformation du vignoble, que d’importantes fouilles permirent d’en mesurer la richesse. Désormais mis en valeur, ce site s’ouvre à une visite passionnante.

Nous devons les ruines du site d’Alba à la présence des Helviens sur la terre du sud de l’Ardèche. Ce peuple gaulois avait sans doute pour première capitale le site fortifié de l’oppidum de Jastres, sur la commune de Lussas.

Lorsque les Romains envahirent la vallée du Rhône, ils durent faire face à une coalition des Allobroges et des Arvernes. À l’issue de cette victoire, les territoires des Allobroges et des Helviens furent annexés à la province romaine de la Narbonnaise. Les élites Helviennes comme Valérius Procillus se romanisèrent vite et l’Helvie ne répondit pas à l’appel de Vercingétorix en 52 avant JC.

Avec la romanisation de la Gaule, les Helviens s’installèrent à Alba, en latin Alba Helvorum. Ce fut leur capitale au Ier siècle avant JC et  jusqu’au IVème siècle. Devenue alors siège épiscopal, la cité est peu à peu abandonnée au profit de Viviers, mieux implantée sur le bord du Rhône. Toutefois Alba connut son apogée au IIème siècle après JC se développant sur une trentaine d’hectares. Installée sur une voie de communication reliant la vallée du Rhône au Massif Central, Alba se dressait au cœur d’une modeste plaine et s’organisait en réseau de rues perpendiculaires orientées nord-sud (cardo) et est-ouest (decumanus). Signe de temps de relative paix, elle n’était pas fortifiée.
Deux formes d’habitat se côtoient à Alba. Le premier, luxueux à l’image de la domus construite en matériaux nobles, s’organise autour d’une cour centrale à portique avec mosaïques, thermes privés et jardins. Le second habitat est populaire. Fait de bois et de terre, matériaux périssables, il était le cadre des activités artisanales et commerciales.

Des fouilles sous la vigne

Régulièrement en travaillant la terre, les vignerons d’Alba tiraient de l’ombre toutes sortes d’éléments comme des fragments de mosaïques, de marbre, de colonnes, des conduites en plomb, des monnaies et même des statuettes en bronze et en pierre. Pline l’Ancien relate même au Ier siècle après JC dans « l’Histoire Naturelle » l’invention d’un cépage de vigne à la floraison d’un jour par les Helviens. Mais ce n’est qu’en 1861 qu’est attestée l’implantation de la cité antique « Alba Helvorum » dans la plaine d’Alba ; auparavant Viviers se disputait sa présence.
Les premières fouilles, entre les deux guerres mondiales et après la seconde, mettent à jour une partie du théâtre et les ruines du site de Saint-Pierre. Avec la restructuration du vignoble, les vingt dernières années ont porté à notre connaissance le centre monumental, le sanctuaire impérial ainsi que diverses zones d’habitation.

Aujourd’hui l’ensemble du site est classé Monument Historique et Site archéologique d’intérêt national sur le plan scientifique.
En se promenant sur le site, il faut faire preuve de beaucoup d’imagination pour visualiser l’antique cité. Les vestiges du théâtre sont sans doute les plus parlants pour les néophytes que nous sommes. Alors commençons la visite en parcourant ses gradins de pierre grise. Sur cet emplacement, trois théâtres se succédèrent. Celui que nous voyons aujourd’hui date de la période faste de la cité. Monumental, il se développe sur les deux rives du ruisseau du Massacre. Sur la rive droite se localise l’espace recevant le public (la cavea et l’orchestra). Quant à l’espace scénique, il enjambe le ruisseau canalisé alors que le mur de scène et portique se situent sur la rive gauche. D’une capacité estimée à trois milles places, il revit aujourd’hui avec le nouveau festival d’Alba.

Une vie intense

La visite se poursuit par un édifice se situant au point culminant du site. Sa fonction était sans doute liée à la vie économique et religieuse d’Alba en rapport avec les collèges, autrement nommés associations professionnelles. Une inscription retrouvée en réemploi dans un autre quartier de la cité en identifie quatre : les drapiers-marchands, les ouvriers-charpentiers, les bateliers et les fournisseurs de bois. Cet édifice se dressait en bordure du cardo maximus (axe de circulation nord-sud de la cité). Ce dernier, dégagé sur cent cinquante mètres, se compose de blocs irréguliers en calcaire dur, parfaitement ajustés. La chaussée recouvre un réseau d’adduction d’eau et un égout. On y devine la trace de roues de charrettes. Une galerie couverte supportée par des piliers carrés longeait cette rue. Elle desservait une vingtaine de boutiques surmontées d’un étage. Certaines étaient fermées par des panneaux de bois coulissants. On peut imaginer une vie intense en ce lieu…
Restent encore à découvrir, le temple, les édifices publics et le forum avec sa place publique (area publica) et son espace religieux (area sacra). Les richesses archéologiques ne manquent pas sur le site d’Alba, et elles méritent toutes, un regard curieux !

Spectacles au théâtre


Du 14 au 19 juillet dernier, le traditionnel festival d’été d’Alba-la-Romaine est devenu festival de cirque et fut baptisé : Le nouveau festival d’Alba-la-Romaine ! Du lever au coucher du soleil, sur le site antique, sous chapiteau, au coeur du village, les artistes, les clowns et les musiciens ont animé la fête avec comme maître de cérémonie La Cascade, maison des arts du cirque et du clown. Jusqu’à présent ce festival offrait la part belle au théâtre classique, désormais avec le cirque, il s’ouvre sur l’avenir.Pour tous renseignements :
http://www.lenouveaufestivaldalba.fr

Comment visiter le site d’Alba ?


Au nord de  ce village, le site archéologique s’ouvre sur la route de Viviers. Sa visite est libre toute l’année et de nombreux panneaux d’information, implantés au long du parcours, livrent tous les détails nécessaires pour comprendre le sens de ces ruines. Des visites guidées sont également organisées toute l’année sur rendez-vous pour les groupes et de mai à septembre pour les individuels. Pour les écoles d’ici et d’ailleurs, des activités pédagogiques sont proposées également toute l’année.
Sur le site quelques consignes à suivre :
le ramassage de matériel archéologique et l’usage des détecteurs de métaux sont formellement interdits ; le site est un espace strictement piétonnier ; ne pas marcher sur les vestiges ; conserver le site et les bassins propres ; respecter les terrains cultivés et les riverains ; tenir les animaux en laisse.
Pour l’avenir, un projet plus important de valorisation de ce site est en cours d’élaboration dont le point d’orgue serait une entrée accompagnée d’un bâtiment d’accueil où seront exposées des pièces provenant des fouilles, à l’image de la statue d’un empereur déifié aujourd’hui inaccessible au public.
Et avant de venir à Alba, il est intéressant de découvrir l’oppidum de Jastres, sur la commune de Lussas, sans doute haut lieu des Helviens avant Alba.

Adresses utiles :
Site archéologique d’Alba, mairie, animation du patrimoine, 07400 Alba-la-Romaine
04 75 52 45 15 -  www.alba-la-romaine.fr  Un site internet très intéressant :
http://pagesperso-orange.fr/alba-la-romaine/sitarcheo2.htm   
 


Texte et clichés : Bruno Auboiron

 

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