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Avant de rencontrer Michel Beaussier le maire de Lablachère, je suis allée visiter ce village, et encore une fois, je fus médusée de remarquer l’architecture des maisons qui composent les hameaux : de magnifiques bâtisses fortes et toutes toujours plus belles qui font entrevoir combien l’élevage du vers à soie et la culture des mûriers a compté. Une cinquantaine de hameaux et quartiers (anciens villages) constituent ce village de Lablachère aux très jolis paysages.
Depuis les petites routes et si vous aimez marcher hors des sentiers balisés, il faut visiter Lablachère.
C’est le point de partage de la Baume et du Chassezac et le petit ruisseau Auzon souvent à sec traverse le village et se jette dans la Baume. Au hameau du Prieuré, découvrez un émouvant pont mégalithique de 17 m, ouvrage tout en dalles et pierres sèches qui permettait de traverser lors de gros orages un ruisseau, affluent du Sébézon. Il n’est connu nul autre pont de ce type, sauf peut être en Bretagne et en Irlande, où il existe quelque chose de similaire.
A partir de son rond point que tout le monde contourne sans jamais imaginer qu’un cœur bat non loin de la grande route entre Joyeuse et Les Vans, il est ce village qui doit son nom probablement aux forêts de chênes blancs qui recouvraient son territoire. D’ailleurs ces bois faisaient partie des domaines des Rois d’Arles, pour ensuite au moyen âge appartenir aux seigneurs Chateauneuf-Randon puis à ceux de Joyeuse. Mais il y avait toutefois, au 13ème S., des autorisations et droits de pâturage pour les moutons des prieurés des Chambons. Cela a duré jusqu’au 18ème S. Lablachère a dû défendre sa forêt durant ¾ de siècle à grands coups de procès car les habitants de Faugères, de Payzac et de St Genest souhaitaient s’approprier les droits de pâturage. Un partage fut fait, ce qui ne fit pas l’affaire de Joyeuse qui en perdit la jouissance. Et c’est là que tout a commencé de ce que nous connaissons aujourd’hui, la forêt a été arrachée et remplacée par des oliviers, des châtaigniers, des fruitiers, des mûriers et de la vigne…
Selon la « monographie du Diocèse de Viviers–Lablachère »,
en fait on comprend surtout que Lablachère est le nom de la paroisse dans sa totalité regroupant les nombreux villages qui la composaient alors, les principaux étant Notre Dame, le Prieuré, la Rodde, et quelques vieux quartiers, le Péage, Montredon, château de la Saumès et de Drôme dite la Romaine. Appelé ainsi car on y a trouvé quelques vestiges gallo-romains dont celui du mausolée de Marcus Iallus Bassus Fabius Valerianus (contemporain de Marc Aurelle), consul de Rome sous l’Empire, restes aussi d’une ferme sur le même lieu ainsi qu’une roue de moulin, un aqueduc… ainsi qu’un grand nombre de monnaies et de tuiles romaines, ce qui prouverait que ce village fut une colonie Romaine. Il fut trouvé aussi une pièce en or à l’effigie du fils d’Edouard III, le Prince de Galles…
Le chef-lieu au centre de la paroisse qui domine le beau paysage s’appelle La Jaujon, là où se trouvent l’Eglise, le cimetière et les commerces et certains artisans. Ce sont 4 routes aux directions Est –Ouest et Sud- Nord qui forment le carrefour si animé que nous connaissons.
La culture du mûrier et de la vigne a fait la renommée de Lablachère et sa fortune, en témoignent les vastes bâtisses des hameaux, et les maisons bourgeoises du village, alors que dans la partie sud aride des Gras, on trouve broussailles et quelques dolmens.
Le château actuel
n’est pas l’original, aujourd’hui c’est une exploitation agricole avec un camping à la ferme. Il faut admirer les armoiries au dessus du magnifique portail en bossage qui appartenaient à la famille de Chanaleilles. Ce sont les seigneurs de la Saulmée (ou la Saumès) la famille noble la plus ancienne de ce village de La Jaujon (aujourd’hui quartier) qui y avaient élu résidence, une grande maison en pierres de taille, un toit à 4 pentes, avec une cour, une chapelle et un jardin. Jean de la Saulmée probablement sans enfants en fit donation au 14ème S à la famille de Malet, co-seigneur de Vernon et ensuite l’héritage passa au 15ème à la famille noble Ferrand. Par le mariage, l’héritage arriva à la famille noble de Borne, par le gendre de Ricardette de Salavas et de Reymond Ferrand et au 16ème S. c’est leur petit fils Bertrand de Borne qui qualifie sa famille seigneurs de la Saulmès.
Il fit édifier une chapelle St Jean Baptiste, et élit sa sépulture dans l’église St Julien de la paroisse. Et ainsi la famille put s’épanouir, les uns se mariant avec un de la Baume de Casteljau, d’autres à un de Chanaleilles seigneur du Pin de Fabras qui dût quitter son château pour s’installer à la Saumée, lequel se remaria à une fille du seigneur de Laurac etc.etc… Le château fut au fil des années divisé en différents parties, vendues, achetées… tant et si bien qu’un jour il fut donné par le curé de Joyeuse à la ville et que celle-ci le transforma un certain temps en hôpital. L’histoire des seigneuries de la paroisse est très riche et les noms les plus connus de la noblesse de France se retrouvent ici à Lablachère.
L’église St Julien fut unie par le pape Léon X
au chapitre de la cathédrale de Viviers. Il est difficile de dire quand elle fût érigée, le style n’apportant aucune information, si ce n’est qu’au 13ème S il en était question dans certains écrits, dédiée au martyr Julien, constituée de 5 chapelles. Le clocher carré date du 19èmeS. Toujours dans cette monographie, au 17ème s. on ne parlait pas de la chapelle de N.D de Bon –Secours, en revanche il en est question en 1701 dans le testament de Julien Gineste seigneur de Lisle, fondateur de cette chapelle.
Il faut tout de même que je vous raconte l’histoire de cet édifice tel qu’il est conté dans cet écrit des Paroisses.
« à un quart de lieues de l’Eglise de Lablachère, sur la route d’Alais (Alès), il s’est formé un village depuis la fondation du pèlerinage de N.D de Bon-Secours, dont il convient ici de faire un abrégé historique.
Ce lieu nommé La Raze (point culminant) était désert, couvert de bois de chênes. Julien Gineste sr de Lisle, né à Montredon Lablachère, le 26 fév. 1641, gendarme du Roi, demeurait à Paris. Il avait épousé noble demoiselle Marie-Anne de Paulet et s’étant retiré du service, il vint habiter dans sa maison paternelle où il s’occupa de médecine. Ces deux époux, à ce qu’il parait fort pieux, avaient apporté une statue de la Ste Vierge pour la placer dans leur demeure. Un jour le Sr de Lisle allant voir un malade à La Raze, son cheval s’abattit et il fut pris dans les étriers, sans qu’il lui fût possible de se dégager… Voyant tous ses efforts infructueux et la situation devenant critique, il fit le vœu d’élever dans cet endroit une chapelle et d’y placer sa statue et à l’instant le cheval se releva et put continuer sa route. Une fois tiré d’affaire il ne songea plus à son vœu, mais lorsque l’année suivante, repassant par là il se retrouva face au même danger, il se rappela son vœu, et le renouvela avec promesse cette fois de ne pas différer de l’accomplir et fut aussitôt dégagé… il fit construire à l’endroit même une petite chapelle étroite de 16m². Il y transporta sa statue et mit la chapelle sous le vocable de N.D de Bon –Secours… Après la mort du Sr de Lisle, le comte de Chanaleilles de la Saulmée obtint du fils de Lisle, le patronage et la clé de la chapelle. » voilà pour l’histoire de N.D de bon secours, qui ne s’arrêta pas là puisqu’à la suite de nombreux miracles cette chapelle fut agrandie jusqu’à en être consacrée Basilique !
REVENONS A CE VILLAGE,
d’aujourd’hui et… de demain, car Lablachère est résolument tournée vers le futur, avec des projets menés comme l’ambitieux Complexe Aquatique Sports Loisirs de l’Ardèche Méridionale. Projet mené depuis 10 ans en commun avec 52 communes regroupant 30000 habitants, une piscine intercommunale, un lieu récréatif avec jeux, plage… géré par un syndicat mixte. Cela va chambouler quelques idées reçues concernant notre Ardèche !
1800 Lablachérois dont 300 au bourg même, et depuis 24 ans c’est Michel Beaussier qui tient les rênes de ce village. Il me reçoit entre 12 piles de dossiers, en me soufflant : c’est devenu un travail à temps plus que plein ! Lucette Marcy une adjointe qui se trouve au bureau (c’est le hasard) se joint à nous et la bonne humeur règne, même pour évoquer des choses sérieuses concernant l’oeuvre et la réalisation de toute une équipe et les bonnes volontés des uns et des autres : Avec le conseil municipal, un travail impressionnant a été mis en place depuis les années 80, c’est petit à petit que Lablachère a grandi car ce village est loin d’être dortoir et ce qui est sympathique ici, me dit Monsieur Beaussier c’est que tout le monde se connaît et si on n’a pas vu depuis quelques jours son voisin c’est naturellement que l’on s’inquiète, la notion de services entre voisins est très forte. La municipalité a construit 2 unités de logements à loyers modérés, chacune regroupant 7 petites maisons offrant ainsi au total 28 appartements modernes. Les personnes qui s’installent définitivement à Lablachère sont souvent ceux qui depuis de nombreuses années y passaient leurs vacances ou encore les anciens qui reviennent à la retraite. Mais il n’y a guère de maisons encore à vendre en revanche il y a quelques terrains disponibles. C’est pourquoi Lablachère chaque année compte jusqu’à 30 maisons neuves de plus ! Alors il faut travailler pour les accueillir et offrir à tous les Lablachérois un maximum de confort. Mais déjà ils ont tous les services, médecin, dentistes, infirmiers, pharmacie, et l’artisanat naturellement occupe une grande place, ainsi que tous les commerces de bouche et il y a aussi 3 taxis en service à Lablachère.
LA VIE A LABLACHERE :
une école publique accueille 150 enfants répartis dans 6 classes et c’est sans compter l’école du Péage qui est privée.
Il est une salle d’animation rurale qui porte bien son nom avec différentes activités, animations et spectacles en tout genre, ainsi que les jeux de boules et autre pétanque… il y a aussi 2 salles polyvalentes pour les repas de fêtes ou non, les réunions, les jeux de cartes, ET s’est écrié monsieur Beaussier ET…la bibliothèque, il faut en parler car plus de 100 familles y adhèrent et c’est Madame Beaussier qui en a la charge, avec près de 6700 ouvrages enregistrés.
Si je vous dis que le club de foot a fêté ses 84 ans cette année vous comprendrez combien le sport a toute sa place ici, avec un nouveau stade pour s’exprimer.
Un village où on peut s’éclater et faire du sport grâce à des associations et à leurs éducateurs et animateurs bénévoles qui entretiennent par le fait, l’esprit sportif des jeun’s.
Puisqu’on parle des jeunes ! Un endroit où il fait bon vivre, c’est la maison de retraite, les Pervenches, la Caisse d’Epargne est propriétaire de cette œuvre réalisée sur le même emplacement que l’ancien établissement né en 1973 et devenu trop vétuste. Aujourd’hui le confort, l’aspect médical, les services à la personne et les animations sont au goût des 60 résidents qui l’occupent.
Et qui dit croissance parle d’extension, donc du réseau des eaux, des égouts et d’électrification avec des renforcements et des enfouissements de lignes.
Plan d’amélioration et d’embellissement! Les travaux d’aménagement du bourg sont considérables. Bien évidemment à terme cet aménagement amènera un meilleur fonctionnement avec notamment la restructuration des trottoirs, de la chaussée, de l’éclairage, des réseaux … Des travaux sont entrepris dans le même esprit que ce qui a été réalisé, permettre une meilleure accessibilité, que ce soit aux commerces et services et à celles et ceux qui habitent le bourg.
Qui dit aménagement, dit rénovation et celle du bourg a permis des emplacements de stationnement ainsi qu’un meilleur éclairage. Il a fallu également pensé à protéger l’environnement et la propreté fait partie des priorités de ce village. Pour cela, ont été mis en place un tri et des collectes sélectifs des déchets pour le recyclage, avec des ramassages réguliers. Pour cela la commune a acquis un terrain pour la création d’une déchetterie et un site de compostage de déchets verts.
QUOI DE NEUF ?
Etonnamment un Columbarium a été réalisé à la suite d’une forte demande puisque de plus en plus de personnes désirent être incinérées… après leur décès, bien entendu. Une caserne pour l’équipe des sapeurs pompiers couvre 6 communes et bien évidemment elle intervient également en renfort !Une Zone artisanale à la Combe de Vernedon est en cours d’achèvement pour héberger une dizaine d’artisans, quelques uns sont d’ailleurs déjà installés. Ce qui ne peut échapper aux visiteurs avertis, c’est le toit de l’Eglise flambant neuf et le soir tombant, sa pierre et son clocher merveilleusement illuminés, et ça aussi c’est tout nouveau ! Mais il n’y a pas que l’église dans le panorama, vous vous en rendrez compte immédiatement, il y a la vigne qui domine, toujours bien coiffée pour exposer ses fruits au bon soleil du sud. Soleil indispensable pour faire du « bon jus » de ses fruits ! si vous voyez ce que je veux dire ! Alors du « jus de raisins » rouge, rosé, et blanc et même un mousseux. Les principaux cépages sont le viognier, le cabernet, le sauvignon, le gamay, le merlot et …pardon si j’en oublie. La cave coopérative dynamise l’ensemble de ce secteur. Ces vignobles remplacent aujourd’hui ce qui a été le fleuron de la région jusque dans les années 70 : les fruitiers, surtout les pêchers.
Voilà je crois que je vous ai à peu près tout dit mais vous le savez bien, on ne me raconte que ce qu’on veut bien me dire.
Mais dans les grandes lignes je peux vous assurer sincèrement que Lablachère est un village qui évolue bien et dans la réflexion. C’est loin d’être un village dortoir, au contraire il est très animé et je vous le disais plus haut, tout le monde se connait et rien n’est indifférent et à personne. Ici on continue à se dire bonjour, comme il y a quelques années, mais comme un peu partout les têtes nouvelles n’ont pas pris cette habitude et c’est dommage. C’est le regret des ancien, car disent –ils : un bonjour, un sourire ne prennent rien à personne et apportent à tout le monde.
La vie associative est indéniablement le maillon fort des activités de Lablachère, il y a le football, le volley-ball, les arts martiaux, le tennis, les boules, la pétanque, le 4X4, un mystérieux…Blaireau en rallye, et aussi les rallyes des Ecuries Sud-Soleil…. bien sûr le club des aînés et l’ADMR ainsi que le Secteur paroissial et la chasse aussi, ne l’oublions pas !
Mais plus amusant l’association « Dançarem tant qué poirem » qui propose de danser folkloriquement, et celle des « Vieux Boulons » qui rassemble tous les passionnés de véhicules et de motos anciens.
« Les joyeux randonneurs » mordus de liberté et de nature existent depuis 25ans, en parcourant chemins et calades sans rechercher l’exploit disent -ils juste passer de bons moments ensemble.
Moi aussi j’ai passé un bon moment dans le bureau de monsieur Beaussier, un maire plein d’humour, de bonne humeur, et humaniste. C’est je pense, sa nature profonde, car sa démarche est très nettement tournée vers l’autre. Son expérience en qualité de professeur puis de conseiller pédagogique en éducation physique l’aide à écouter et à être entendu et c’est en toute modestie qu’il intervient aujourd’hui pour le bonheur des Lablachéroises et Lablachérois.
Ah ! très bientôt la mairie va s’installer dans les bâtiments de l’ancienne école, toujours dans le souci d’offrir un accueil convivial et une meilleure accessibilité. Lors de la visite des locaux de celle-ci, Monsieur le maire a souligné la compétence et le travail réalisé par la quinzaine d’employés municipaux : une bonne équipe !
FESTIVITES
La fête de Lablachère a lieu le 1er dimanche après le 14 juillet et la fête votive le 1er week-end de septembre, bien sûr il est question du Téléthon, de quelques concerts et animations comme dans tous les villages.
UNE PETITE ANECDOTE AVANT DE SE QUITTER :
On est en 1956, c’est l’hiver et monsieur Beaussier, enfant de Lablachère, se souvient que tous les villageois ont eu la surprise un matin de voir plus d’un mètre de neige couvrir la campagne. Les hommes et les enfants ont dû participer à la trace (déblaiement) sur plus d’1 km, avant d’aller à l’école qui se trouvait à Joyeuse et qu’il fallait rejoindre à pieds ! eh oui !
(C’est également l’année où tous les oliviers ont crevé)
Vraiment un beau village ! et encore une fois on n’imagine pas ces magnifiques paysages et ces beaux hameaux à partir de la route. Alors arrêtez-vous !
*historique issu de la monographie des paroisses du Diocèse de Viviers concernant Lablachère.
Merci à J.M. Moutet
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