Creux de la vague ou dépression ? La depression est-elle une maladie? Oui! et...ça se soigne! La Dépression, appelée mélancolie dans l’Antiquité, (melagkolia en Grec qui signifie la bile noire, était considérée comme étant un déséquilibre des « humeurs », ou fluides corporels : le sang, bile, lymphe et bile noire. Cette vision de la D a duré très longtemps, excepté au Moyen Age où la théorie répandue à l’époque était celle de possession par le Démon ou les esprits maléfiques, ce qui valait pour tous les troubles mentaux d’ailleurs. Traitement : suspension du malade au-dessus de serpents venimeux. Ou par des saignées et vomissements. Au 19ème siècle cette théorie des fluides disparaît et apparaît alors le terme dépression.
AUJOURD’HUI Quand parle-t-on de dépression ?
Quand 5 symptômes de la liste suivante sont présents depuis au moins 2 semaines, et quand ces troubles ne sont pas la conséquence d’un médicament ou d’un deuil récent. • Une humeur dépressive continuelle • La perte d’intérêt pour toute activité • Des troubles de l’appétit ou un changement de poids (5%) dans le dernier mois • L’insomnie ou hypersomnie • L’agitation ou le ralentissement psychomoteur • Une grande fatigue • Un sentiment de culpabilité et d’auto-accusation, de dévalorisation • Des difficultés de concentration • Des idées suicidaires D’autres symptômes peuvent aussi évoquer la dépression : somatisation, dépendances à l’alcool, ainsi que certains troubles du comportement, comme l’agressivité, les accidents répétés, les troubles alimentaires ; on parle alors de dépression masquée. Un état dépressif peut survenir sur n’importe quel type de personnalité A l’adolescence par exemple, la dépression est relativement fréquente. L’adolescent est dans une période de changement et se trouve dans un corps en transformation, un être en devenir vers une nouvelle identité avec des capacités sexuelles, sentimentales et spirituelles. C’est le passage du statut de l’enfant à l’adulte, un deuil commence, celui de l’enfance, et avec lui, une perte de repères. Les personnes âgées sont aussi vulnérables à la dépression : l’isolement, la solitude, la maladie, ou la perte du conjoint, peuvent conduire à une phase de dépression. - Nous savons bien-sûr aujourd’hui qu’un changement brutal de situation sociale et économique, la perte d’un travail et la baisse de revenus rendent vulnérable à un épisode dépressif. et que les expériences de la petite enfance (abus, maltraitance, conditions de vie précaires) sèment la graine de la dépression. Des études montrent aussi que l’hyperactivité pourrait aussi être la conséquence d’une dépression latente. Les hyperactifs, souvent compétitifs, mettent la barre très haute et vivent dans un stress permanent, une espèce de tension, de pression sans lesquelles il est difficile pour eux d’exister. L’hyperactivité serait-elle un moyen de fuir une dépression latente ? - On parle aussi aujourd’hui de facteurs génétiques: beaucoup d’études sont en cours, des gènes ont déjà été identifiés, entre autre : un gène qui entre en compte dans la régularisation de la sérotonine. La sérotonine est un neurotransmetteur impliqué dans le sommeil, l’agressivité, les comportements alimentaires et sexuels. La plupart des anti-dépresseurs ont donc pour action de stimuler la quantité de sérotonine. - Une maladie organique peut aussi être la source d’un état dépressif : les affections neurologiques, les causes infectieuses, inflammatoires, les endocrinopathies, les cancers, les causes cardio-respiratoires, peuvent avoir un lien direct avec la dépression : il est donc important, avant toute autre démarche, de se tourner vers son médecin traitant afin d’établir un bilan de santé et de s’assurer qu’un « bête » déséquilibre hormonal n’est pas la cause de ces troubles de l’humeur. Dans les différentes pathologies de la dépression, on retrouve : - les Troubles bi-polaires : psychose maniaco-dépressive, qui se manifeste par une phase mélancolique, un état dépressif sévère, qui peut durer entre 6 et 8 mois, suivie d’une phase maniaque, marquée par l’excitation psychique, euphorie, passage du rire au x larmes, projets grandioses …; cela concerne 1 dépression sur 20. Des traitements très efficaces et adaptés permettent de réguler ces 2 phases. - Le baby-blues et la dépression postpartum: plus de 50% des mères sont touchées dans les 3 ou 4 jours après l’accouchement et guérissent généralement très vite. La dépression qui apparaît vers la 3ème semaine peut durer plus d’1 an. - La dépression saisonnière : celle qui pointe son nez à l’entrée de l’hiver, et qui disparaît la plupart du temps au printemps: induite par un dérèglement de la mélatonine, l’hormone du sommeil et des rythmes biologiques ; elle touche plutôt les femmes et peut se traiter par des expositions à la lumière - Le syndrome prémenstruel (anxiété, émotivité, irritabilité, fatigue, troubles de la concentration) - L’épuisement vital : pour les psychologues, le burn out est un trouble distinct de la dépression ; la personne se sent épuisée mais sans tristesse; ce burn out apparaît souvent chez des hyperactifs. TTraitement : chimie ou psychothérapie? tous s’accordent à dire que les 2 sont utiles, souvent simultanément. Conclusion La dépression n’est pas quelque chose de flou qu’on traîne à vie, ou qui n’arrive qu’aux autres ; c’est une maladie qui se soigne, avec des symptômes précis, il est donc important que le diagnostic soit clair ; cela permet de mettre en route le traitement chimique adéquat ainsi que l’accompagnement thérapeutique approprié. Le mois prochain, nous parlerons du rôle important que joue la famille auprès d’un parent dépressif. Laurence Lundell - Thérapeute Gestalt AUBENAS / LES VANS - 06 83 32 36 74 www.gestalt-interaction.com
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