La Révolution des lilas blancs VII VIII et IX |
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| 31-03-2010 | |
En exclusivité pour Ma Bastide, retrouvez tous les mois le nouveau roman - feuilleton de notre cher Edouard.“ Je vous avais prévenu “CHAPITRE VIIVingt et une heure, la cellule Dans la salle, de petits groupes se sont formés et les discussions vont bon train, le maître de cérémonie au pupitre réclame la parole. “ -Cher amis, le vote n’a pas fait de majorité comme nous le pressentions. Beaucoup de noms, de tout bord politique, un certain nombre d’entre vous réclame même la reprise d’une cohabitation, mais comme le comité l’a fait remarquer, le risque de tension serait trop important pour être réalisable. Du reste, un Premier ministre enclin à la rigueur n’est pas envisageable non plus, sauf si nous soutenons le risque de dérapages pour pouvoir contrôler le retour de l’ordre. Il faut savoir prendre des risques quand le pays est en péril ! Je laisse la parole à notre doyenne. “ La dame âgée qui s’avance déjà vers la tribune dégage un sentiment de respect, comme le prouve le silence incroyable de l’assemblée. “- Attention, ce vote était un référendum européen ! Déclare d’une voix enrayée certes, mais puissante pour le gabarit de la personne. - Cela entraînerait peut-être une réaction européenne aussi ! Ce que nous contrôlons au plan national peut s’avérer insuffisant en cas de conflit majeur. Devons-nous prendre le risque ? Je ne veux pas tenir la moindre sentence qui nous replongerait dans un conflit ! Je ne pense pas qu’un homme responsable, dans le marasme actuel, puisse envisager une pareille solution. Ou s’il existe, de grâce pas chez nous ! Il va falloir digérer cette gifle pour la France, car certain pays ne se gêneront pas pour nous le reprocher. Aussi, des pays nous remercierons de la sage décision du peuple français. Il est plus aisé de ruiner une construction si les fondations sont mauvaises, que de construire sur des ruines ! Trouvons un homme au service du pays, sans prétention personnelle affichée et, diplomate. Laissons-le travailler pour démêler la situation. Un autre rendez-vous avec les urnes pointe à l’horizon, travaillons là-dessus pour proposer des solutions. Il va falloir suffisamment de courage, de détermination et de travail afin de ne pas se fatiguer à des tâches incertaines ! “ Une ovation conclut son discours, la petite femme regagne son banc bientôt entouré de plusieurs participants. D’autres membres téléphonent, mon voisin raccroche son portable. “- Pardon, excusez-moi, je me présente Benjamin De Fotille, sans indiscrétion pourquoi tout le monde se précipite sur les téléphones à chaque intervention ? - Bonsoir, Maurice Dirt pour vous servir. Monsieur De Fotille ? Vous remplacez votre père ? Pour votre gouverne, sachez qu’à l’heure actuelle l’information est une denrée négociable et certaines valent très chères. Savoir avant les autres, voilà le plus important pour paraître ! Personnellement, responsable de la cellule de mon département, je tiens au courant les membres restés sur place. Quels sont vos sentiments sur la chose qui nous rassemble aujourd’hui ? -Je n’ai qu’une vague idée, la politique n’étant pas ma priorité. Seul le fait de plaire à mon père m’oblige à assister aux débats qui, ma foi, sont fort intéressants. Quelle est donc cette personne âgée qui semble vous connaître tous ? - Henriette De Servalignie, très vielle famille française dont on ne compte plus les faits d’armes, ni les titres… - Son analyse semble faire autorité. - Ses prises de position sont souvent conséquentes et elle sait très bien les exprimer. Son cercle de relation internationale lui confère aussi une grande écoute. Pourtant, la dernière dissolution lui a valu un peu de soucis ! - Comment ! Ce petit bout de femme est à l’origine de ce bouleversement ? - En grande partie. Elle a entraîné la cellule en faveur des élections, avec les conséquences malheureuses que l’on connaît. Mais cette indélicatesse n’a en rien entamé son autorité, comme vous pouvez le constater. - Et vous pensez que les discussions actuelles peuvent influencer le président ? - Bien sûr ! Qu’il le veuille ou non, sa décision reflétera peu ou prou les conclusions de notre débat. Bon, je vous laisse, il me faut prendre la température des différentes issues proposées. “ Il se leva et prit part à un débat qui se déroulait non loin de moi. CHAPITRE VIII“Chez Georges “ la discussion s’anime autour de la façon de procéder pour arriver au chaos. Paul le plus virulent, se dit près à instaurer la guérilla dans les cités s’il avait des armes… Pour lui, la seule solution, les barricades ! Luc, Antoine et Bertrand plus circonspects préconisent d’abord, une explication aux masses salariales avant l’action. “- Raymond, tu vas nous être utile, comment faire passer un message sur Internet, me demande Luc. - Très facile, il suffit de choisir un nom de site et d’envoyer les gens lire nos programmes. Mais aufait, quel est le programme? - Tout foutre en l’air et recommencer ! Sur des bases plus humaines, l’outil de travail aux travailleurs ! Sur ton ordinateur y a t-il de la dynamite à vendre ? Où doit-on aller la voler sur les chantiers ? - Tu sais Paul, le programme de l’international est un peu dépassé, répond Bertrand et la France n’est pas le Nicaragua. Même si des armes sont en vente sur le net, il faut de l’argent ! Trouvons un nom de groupe et faisons passer le message. Si nous sommes que cinq ou six, la possibilité de mettre la France à feu et à sang est limitée! - Bertrand, je te rappelle que le Che et Castro ont pris Cuba avec dix guérilleros seulement ! Les gens se raccrocheront à notre cause, les étudiants aussi, on peut donner l’espoir ! Un peuple sans espoir est un peuple mourant ! De nos jours, l’unique attente du français ? C’est le résultat du loto! Quelle misère! Mais la misère fédère et en aucun cas ne fait taire ! Où sont passés les grands hommes capables de changer le destin de la planète ? Les seules lumières qui scintillent actuellement sont les écrans de télévision qui diffusent des informations filtrées par le pouvoir. Oui ! prévoyons un plan comme tous les autres ‘’ la révolution en permanence est le pivot rationnel de toutes les passions’’. Voilà le programme ! Et quand on y sera, on avisera. Allons voir ce que la lucarne nous propose.” Paul se dirige vers la télé dans le fond du bistro. Sur toutes les chaînes, les présentateurs des journaux télévisés, sont dans un état euphorique espérant que l’information qu’ils détiennent va changer la rotation de la terre. Ils se frottent les mains, sûr que les débats vont être dignes des grands jours de l’assemblée nationale. Enfin… quand les députés étaient des vrais orateurs. Pour combler le vide, ils parlent de banalités déjà explorées depuis le début de la campagne. Seuls les chiffres de la participation sont nouveaux et pour une fois ils sont bons. L’attente des vingt-deux heures fatidiques semble interminable, pour eux. Comment l’annoncer sans le dire ? That is the question ? Au bar, la discussion se prolonge au comptoir avec les clients de passages, les paris s’engagent tout est bon pour un verre, le oui, le non, l’avenir… CHAPITRE IXLa pièce présidentielle se remplit doucement, mais seules les personnes concernées par la tournure des évènements sont invitées. Le Président tranquille d’apparence sirote une bière sous l’œil inquiet de l’assemblée. Personne ne parle ou n’ose… Seul le refrain du responsable aux téléphones, enfin, le chargé de communication selon sa nouvelle promotion, débite son éternel ‘ ‘ Merci, il vous rappellera. ‘’ Sur les écrans de télévision une horloge apparaît, comme au nouvel an, on se sent prêt à égrainer les secondes : cinq…quatre…trois…deux…un… C’est non ! ! ! Pujadas a gagné, d’un cheveu, quant à Poivre d’Arvor de commencer sa phrase par ‘’la France a voté…’’, lui a coûté la victoire. Ici pas d’embrassade, la tête rentrée dans les épaules, tout le monde attend la sentence. Le patron ne semble pas presser de réagir, le connaissant mieux depuis le début de l’après-midi, je sais qu’il savoure sa victoire secrète. Afin il déplie sa carcasse et va s’asseoir à son bureau. “ - Voilà ! Et maintenant ? J’attends vos propositions et vos analyses ! “ Un léger flottement court sur l’assistance, tout le monde se regarde…qui va oser? Enfin le ministre de l’intérieur prend son courage à deux mains. “ - Monsieur, les français ont confondu l’Europe et la politique intérieure. Je pense que la sanction nous est destinée, il faut rapidement en tirer les conséquences. - Très bonne réflexion, je n’en attendais pas moins de vous, filez sur les plateaux télé expliquer ça à la France ! Ne faites pas de vagues, discutions lisses, ne pas laisser une aspérité où l’adversaire pourrait s’agripper. Pas de polémiques ! “ Après un rapide salut, le ministre est content de pouvoir prendre l’air. “ - Monsieur le ministre des affaires étrangères, je veux un rapport sur le pourquoi du vote et l’avenir de l’Europe avant demain neuf heures. Pas un roman, pour une fois, faites court et circonspect ! Inutile de sodomiser les mouches, pour reprendre l’expression. Prenez la température dans les capitales européennes. Au travail ! “ Les autres personnes profitent du flou pour s’éclipser, sans demander leur reste. Seul le président et moi écoutons les commentaires des journalistes. A suivre... Edouard Pailhès Le petit mot d’Edouard Triste week-end, à Antraigues un châtaignier majestueux est tombé, il ne faisait pourtant de l’ombre qu’aux dictateurs, et aux imbéciles intolérants. Longtemps encore sa voix hantera les bois et les ruisseaux de sa montagne, et peut-être même les Radios. Il aimait, comme toi Yveline, l’Ardèche sincère, discrète, secrète... Mais le spectacle continue... Edouard Pailhès |
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