Littérature


Youpi c'est la crise

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   29-10-2008
    Je sais, Yveline, il est indécent de se moquer des malheurs des autres. Mais, je suis sûr d’être pardonné car les autres (nous les appellerons ainsi) se sont bien moqués de nous ! Ils ont joué avec les fruits de notre travail, et ils ont tout perdu... à les entendre !
        Mais en fait, qu’ont-ils perdu ? Un ou deux chiffres sur leurs relevés de compte d’actions ? Des milliards gagnés, si on peut employer ce mot, en achetant et revendant des entreprises, sans aucun souci pour les gens qui y travaillent ? Allons Yveline, rassure-toi, eux, nous ne les verrons pas cet hiver chez l’ami Coluche !
    Ce qui nous enchante nous, ce qui nous met du baume au cœur, c’est qu’ils ont perdu notre confiance !
L’ami banquier derrière son guichet, a lui aussi, perdu un peu de son arrogance, quand vers le milieu du mois, la fièvre du petit dernier nous coûtait des lettres de relances, des menaces d’huissier et autres brimades pour avoir établi un chèque de trop !
Tout ça ne changera pas, bien sûr, mais nous pourrons le regarder désormais avec un sourire dans l’âme ‘’Tu peux faire le malin, mais tu es comme nous et même pire que nous, car tu étais leur complice, peut-être sans le savoir. Et pourtant, ils t’ont roulé, toi aussi, dans la farine’’.
    Mais si cette crise nous permettait de nous retrouver ! Si ces soucis financiers, d’un monde qui nous dépasse et pourtant nous gouverne, devenaient la genèse d’un monde meilleur, car nous, les petits comme ils disent, n’avons finalement rien perdu ! Alors, si dans la tourmente qui s’annonce, car hélas nous allons trinquer, nous retrouvions les gestes de solidarité pour construire ensemble un petit peu de bonheur simplement. Les vraies valeurs ne sont heureusement pas cotées en bourse !
    Un mot gentil, un moment d’écoute, reconsidérer l’homme comme une source de vie et d’espoir, se rapprocher de quelqu’un qui souffre, qui doute, sans se soucier de la couleur de sa peau, de ses croyances ou de son parti politique, sans à priori..., nu.
    Essayons, c’est facile, et alors nous pourrons dire du fond de notre cœur : Youpi, c’est la crise...enfin, le retour à des vraies et saines attitudes.
 
Édouard Pailhès • Octobre 2008

Merci Edouard, moi je te considère vraiment comme une source d’espoir…tu as toujours un petit mot gentil et tu sais si bien raconter les histoires qui font du bien aux gens d’ici.

 



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