Littérature


Le feuilleton d'édouard - 2 -

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   02-06-2008
L'Ardèche telle que les dieux l'ont dessinée
(et un peu d'Edouard)
 Suite du 1er épisode

Tous les êtres vivants étaient terrorisés, dans cet endroit où pourtant, une force magique obligeait au plus grand respect. Les lutins, les fées n’aiment guère le bruit.
D’un geste, d’un seul, Glun les pétrifia sur place ! Ils sont encore là, dans le bois de Païolive. Tout le monde peut les voir.
Je ne vous explique pas le bonheur des farfadets, qui depuis ce temps-là, en souvenir de nos deux amis, bâtissent la nuit sans bruit des murailles et autres abris de calcaire dans ce lieu étrange.
Le soleil était déjà haut, Glun avait soif…et moi aussi, Yves s’il te plait "


Pendant que Gilbert recharge ses batteries, les commentaires se font entendre.
   -" Ah je comprends mieux maintenant pourquoi les gorges de l’Ardèche sont si pittoresques, dit la mémé Apolline.
   -C’est vrai que dans ce bois de Païolive, il règne un drôle d’esprit. Je ne serais pas fier d’y dormir une nuit de pleine lune, mais ce lion et cet ours sont vraiment extraordinaires, surenchérit le Léonce !
   -Moi, dit Marius, un jour en 1907, non en 1909 peut-être, avec mon père ou plutôt avec mon oncle Raymond…je ne sais plus, j’avais…
   -Oh! Marius, ne commence pas à embrouiller Gilbert avec tes soi-disant souvenirs, tu ne sais même plus ce que tu as fait ce matin !!! dit Léonce en éclatant de rire.
   -Bon, j’ai compris, je laisse Monsieur Gilbert vous endormir avec ses balivernes, si vous le croyez.
   -Comment ça, des balivernes, c’est mon grand-père qui me l’a raconté ! Alors c’est la vérité. Jamais Pépé ne disait de menteries !
   -Non, ce n’est pas des mensonges, mais c’est un peu la vérité du dimanche, répond avec malice Apolline. Et pour ça, il était fort, ton pépé Auguste, crois moi.
   -Bon j’ai compris, dit le Gilbert en reculant sa chaise mais sans se lever.
   -Mais non, gros bêta, continue, tu as commencé, tu dois finir ! Yves, remets-lui un canon, si tu veux savoir la suite, dis Apolline.
   -Bien, alors dans le bois, un lutin leur a dit : " Plus haut, sur le plateau, une armée de fourmis géantes dévastent tout. Si vous les arrêtez, les arbres vous en seraient reconnaissants pour l’éternité."
Slimf partit devant pour repérer les horribles bestioles, Glun, par sa démarche lourde, suivait son ami en vol. Bientôt, il vit un cratère crachant des insectes énormes, pas loin de là, il y avait un volcan, il en prit le noyau de feu et le glissa dans l’orifice. Il le reboucha en tassant des rochers par-dessus.
En sous sol, les fourmis en essayant de creuser une galerie pour se sauver, tombèrent sur une source qui les noya toutes.
Au contact de la chaleur du caillou dans l’ancien cratère, l’eau devint très chaude.
La source sort encore maintenant à St Laurent les Bains, et en remerciement, dans le Tanargue, la forêt du Chambon est devenue si belle.
Plus au nord, le ciel était encombré de fumée et autres poussières, tant qu’il était impossible de respirer, même le soleil ne pouvait percer ce brouillard malfaisant.
   -D’où vient donc ce nuage si épais
Slimf ? interrogea Glun.
   -C’est un volcan, sur le plateau qui en est la cause. Il est très grand, et il dégage une chaleur si intense que même moi, je ne peux m’en approcher.
   -Allons voir ça de plus près, il faut essayer de faire quelque chose.
Guidé par les fumées, Glun sur le plateau Ardéchois, avance avec difficulté, toutes ces poussières jaunâtres le faisaient suffoquer, il crut un instant ne plus pouvoir avancer. Il avait très soif… "

Yves comprit cette fois-ci le message, il remplit sans attendre le verre de Gilbert. Tous les participants regardaient le conteur comme des gosses devant leur gâteau d’anniversaire.
   -Yves, j’ai dit qu'il y avait beaucoup de poussière, il suffoquait… Alors un canon, ce n’est pas assez, dit Gilbert en agitant son verre déjà vide.
   " Bon, alors où j’en étais ? Ah oui, il avait du mal à avancer, mais après avoir bu à la source de la Loire, Glun arriva sur le bord du volcan. Immense trou où la roche bouillait, comme quand Yves fait cuire ses feuilles de blette pour nous faire des caillettes.
Comment faire ? Soudain, une idée de génie, pardon Apolline, mais Glun se mit à pisser dessus, en fermant les yeux pour ne pas voir son image, et comme il avait bien bu… "
   -Comme toi, dis Marius en ricanant.
   "Bien plus que moi, nigaud, c’était un géant. Il pissa tant, que le volcan s’est éteint, tu peux aller le voir : c’est le lac d’Issarlès ! Et en secouant sa bistouquette deux gouttes sont encore tombées : le lac Ferrant et la lac de la Palisse. 
   - Je ne suis pas allé longtemps à l’école, mais ça, je le savais, commenta Léonce   
   - Tout le monde le sait pour Issarlès, ajouta Marius, ton Grand-père Auguste, il n’a rien inventé.
   - Tout le monde sait aussi que le tien, il n’a pas inventé l’eau chaude ! répondit Gilbert.
   - Allons, allons vous n’allez pas gâcher cette belle histoire pour des broutilles qui datent de vos grands-pères, dit Apolline,  je les ai bien connus, et croyez-moi, les deux faisaient la paire !       
         

A suivre...

Edouard Pailhès
 
Image Un grand merci Edouard, pour ton talent et ces lignes que tu offres aux lecteurs de Ma bastide. 
 



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