Qui n’a pas un parent qui n’aurait éduqué les vers à soie ?
Vous le savez
Le ver à soie a marqué la Cévenne dans sa profondeur, jusque dans son langage, dans ses dictons : J.-P. Cabrol "Si les Pâques, les vendanges et les vers à soie duraient toute l’année, il n’y aurait plus, ni femme, ni âne, ni curé " .
L’écomusée "Ma Magnanerie"
Est une magnanerie-témoin qui fait vivre les traditions ancestrales de l’élevage du ver à soie. D’avril à septembre, est recrée le cycle complet des vers, cycle qui dure un mois et demi (de la naissance du ver à l’émergence du papillon). Ce travail se fait dans une grande pièce appelée magnanerie (salle d’éducation des vers à soie). Aujourd’hui, près de 12 000 visiteurs viennent voir chaque année cet élevage, qui est le point central du musée. La découverte de la sériciculture se fait en suivant une visite commentée.
Une démarche pédagogique:
De plus en plus de classes ardéchoises ou Rhône-alpines, sont accueillies curieuses de
" voir un véritable élevage ".
L' origine du musée date de 1978
Lorsque l’Etat français cessa d’attribuer des aides aux sériciculteurs, magnaneries et filatures fermèrent leurs portes dans tout le pays. Dès lors, les flottes de soies furent importées de Chine et du Brésil pour être moulinées dans les quelques moulinages ardéchois restants.
C'est Mme Cauvin, une "éducatrice" passionnée qui prit alors la décision de continuer son élevage et peu à peu, les visiteurs affluèrent dans SA magnanerie pour voir ce qu’elle permettait de préserver : un savoir-faire d’antan. Elle produisait des cocons sans pouvoir les commercialiser et c'est comme cela que cette magnanerie devint un écomusée.
En 2002, Mme Cauvin ferma son musée.
Celui-ci, fut racheté par la commune de Lagorce et transféré à quelques km, dans une ancienne magnanerie alors réaménagée et située dans le centre du village.
Une des particularités du musée est la richesse de ses collections.
La sériciculture
Le ver à soie
La graine (c’est ainsi que l’on dénomme les œufs de vers à soie) est pondue par le papillon Bombyx Mori vers la fin du mois de juin généralement. Chaque femelle ne pondra qu’une seule fois, et en même temps, environ 500 œufs (soit une ponte), après quoi les papillons meurent (leur vie est courte : 1 semaine environ).
Il s’ensuit une longue période de vie ralentie de l’embryon dans son œuf (appelée diapause). Puis, arrivés les beaux jours de printemps, la graine est placée dans un incubateur par l’éleveur, et sera conservée au chaud une dizaine de jours jusqu’à éclosion des jeunes larves.
La chenille, de sa naissance à la formation du cocon, va être nourrie quotidiennement à raison de 3 à 6 repas avec de la feuille de mûrier blanc uniquement. La feuille doit être fournie en abondance car ces chenilles sont voraces : 2 tonnes de feuilles seront consommées en 1 mois pour une once de graine (une once = 25g de graine soit environ 40 000 vers à soie).
Les chenilles sont alors installées sur les claies qui constituent le taulier (table d’élevage, sorte d’échafaudage avec des tables superposées).
En 1 mois de vie, les vers vont muer 4 fois, ils vont passer de 2mm à 8cm et multiplier leur poids par 10 000 !
Lorsqu’ils sont à maturité, au 4e ou au 5e âge, leurs mandibules qui s'agitent provoquent un bruit similaire à la pluie tombant sur une tonnelle.
L’éducateur embruge le taulier dès lors qu’il constate que les vers cherchent "à monter " se détournant de leur nourriture.
Embruger signifie installer les rameaux de bruyère entre les claies du taulier de sorte à constituer des tunnels. Les vers grimperont aux rameaux : c’est la montée à la bruyère.
Les vers bavent toute la salive constituée et stockée depuis leur naissance, laquelle se solidifie pour devenir du fil. Durant 3 jours, il s’enferme dans son cocon. On peut le voir œuvrer le premier jour, ensuite l’épaisseur opacifie le cocon.
L’éleveur attend que toute son éducation ait coconner afin de procéder à la récolte.
S’il tarde à récolter ses cocons pour qu’ils soient étouffés, les papillons vont sortir anéantissant ainsi plus d’un mois de travail !
Le décoconnage c’est la récolte en famille :
On retire des bruyères les cocons formés et on les trie pour aller les vendre.
L’éleveur prend soin de conserver une partie de sa récolte pour assurer la reproduction des papillons et se fournir de la graine pour l’année suivante.
La vie sauve :
15 jours après que le ver ait terminé son cocon, le papillon se trouve enfermé dans un cocon bien solide. Pour en sortir, il sécrète une salive acide qui va percer le fil de soie qui constitue le cocon.
Et alors ?
Ce que l’on ne vous a pas dit, c’est que le cocon est constitué d’un seul et unique fil de bave… long d’environ 1 500 mètres !
Voilà pourquoi le ver à soie est intéressant :
Il apporte à l’homme l’unique fil naturel qui soit continu. Afin de récupérer ce fil que le ver a soigneusement déposé autour de lui, il vous suffit de tremper le cocon dans l’eau chaude et d’attraper le début du fil puis…de tirer, tirer….et le cocon se dévide telle une bobine !
Le travail de la soie
Pendant trois siècles, l’Ardèche fut le royaume de la soie. Il y avait plus de
25 000 tonnes de cocons produits en France en 1850, provenant essentiellement de l’Ardèche mais aussi du Gard et de la Drôme. Dans notre département, 344 moulinages et 54 filatures fournissaient le fil transformé aux soyeux lyonnais. L’élevage des vers à soie a connu des difficultés en 1865 dues à une terrible maladie :
la pébrine, vaincue par Pasteur, ensuite l’arrivée des soies d’extrême orient concurrence les soies lyonnaises et enfin l’apparition des fibres synthétiques amène le déclin et la fin
de cette activité locale.
Rappel sur les étapes du travail de la soie :
1/ sériciculture : production de cocons par l’élevage des vers à soie. (Seule phase agricole)
2/ filature : dévidage des cocons pour constituer une flotte de soie
3/ moulinage : torsion du fil de soie pour lui donner sa résistance et des caractéristiques techniques propres
4/ tissage : réalisation des pièces de soie
5/ ennoblissement du tissu : impression, teinture etc.
Vous souhaitez visiter Ma magnanerie ?
Les visites sont uniques car adaptées aux visiteurs, selon leurs connaissances sur le sujet ou leurs intérêts.
Pour les scolaires,
une formule Ateliers la MAGNADECOUVERTE après la visite est proposée :
"travaillons et décoconnons ensemble" !
Une fête au village
La fête de la soie tous les 1er samedis du mois de mai et le 3eweek-end de septembre durant les journées européennes du patrimoine, le musée est gratuit.
Le musée est ouvert 6 mois de l’année, d’avril à septembre inclus, car il ne peut être ouvert en dehors de la période de foliation des mûriers.
Renseignements Mairie de Lagorce 04 75 88 00 25
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