Une bataille ? …
Les enfants se montrent souvent réticents sur la consommation d’aliments qu’ils ne connaissent pas…Il faut se montrer patient et leur expliquer les bienfaits de ces aliments sur leur santé, sur la vie et leur planète. Ce n’est pas toujours facile mais Ghislaine Delubac, la Diététicienne depuis 11 ans au sein de cette cuisine, en est plus que convaincue « Battons-nous pour que nos enfants aient une alimentation dont nous pourrions être fiers et, pour reprendre le terme d’un documentaire engagé de JP Jaud, que nos enfants ne nous accusent pas plus tard : de savoir et de n’avoir rien fait ! ».
Et Ghislaine n’est pas toute seule ! Elle me dit :
« -J’ai la chance de travailler avec une EQUIPE. Nous fonctionnons ensemble, réfléchissons et essayons chaque jour de nous impliquer davantage. Elles ont découvert pour la plupart l’alimentation biologique, et ont compris l’enjeu de cette alimentation, tant sur le plan de la santé que sur le plan de la planète ».
Dès 6H30, elles ont leur tablier et le menu en tête, prêtes à nourrir les enfants. Comme le répète souvent Ghislaine, « une alimentation vivante pour un corps vivant ». Les deux cuisinières, les deux aide-cuisinières ainsi qu’une stagiaire concoctent en moyenne 350 déjeuners ; desservis par Eric aux écoles maternelles et primaires de Beausoleil, les Oliviers, Baza, le Pont, St Croix, St Nicolas, Vogüé et Balazuc. Je me suis alors demandée, comme vous sans doute à cet instant, comment fait la diététicienne pour gérer son budget avec 50 % de produits biologiques tous les jours pour autant d’enfants…
Le bio ne serait-il pas si cher ?
Ghislaine approuve que non ! « Tout est équilibre dans le menu de la semaine. Si l’on part du principe qu’un cuisinier cuisine, en recevant les matières premières brutes, on baisse le coût. Certains produits bio ne sont pas beaucoup plus chers que les denrées conventionnelles. De plus, une meilleure gestion des quantités est indispensable et la qualité des produits issus de l’agriculture biologique, qu’il s’agisse de légumes, de viandes, de laitages ou encore de fruits, permet de ne plus utiliser certains faire-valoir coûteux. »
Et j’ajouterais que, dans la nature comme dans la vie, ce qui est fabriqué lentement est plus solide. Un produit alimentaire végétal ou animal qui grandit à son rythme naturel est plus consistant et plus chargé de rayons du soleil, d’oligo-éléments et de vitamines. Un aliment conventionnel est deux fois moins cher car il a poussé deux fois plus vite et contient deux fois moins d’éléments nutritifs. Si l’on mange des aliments qui nous nourrissent, nous en auront besoin en de moindre quantité ! (De plus, ce que nous ne payons pas cher, nous le payons avec nos impôts sous forme de subventions ou sous forme de recyclage de nos ordures car il y en a trop pour que la nature puisse les éliminer toute seule.)
Ghislaine achète seulement ce dont elle a besoin pour ses écoliers, des produits de qualité.
Elle exerce son métier avec cœur et intelligence !
Elle me dit :
« Je crois qu’il y a dans le métier de cuisinier, un mot primordial : la PASSION. Ce métier est magique, il demande un vrai don de soi, car chaque jour, nous devons recommencer, nous remettre en question, améliorer… même si cela doit prendre plus de temps, soit on aime, soit on fait un autre métier. Étant convaincue que l’alimentaire a un impact sur notre santé, il était de mon devoir de faire évoluer nos denrées conventionnelles vers des aliments issus de l’AB. »
Cela fait maintenant un peu plus d’an que cette cuisine marche de cette manière. Le passage au bio s’est fait progressivement, m’expliquent les cuisinières car il est très important de montrer aux enfants et aux parents cette nouvelle alimentation comme un choix ou une alternative et non comme un fait imposé. Ghislaine est passée par un repas 100% bio par trimestre puis un par mois et maintenant dans tous les repas, une denrée au moins est bio et les autres sont pour la plupart locales.
Et « Pas de fraises en hiver, il y tellement d’autres fruits et légumes délicieux que les enfants ne connaissent pas tels que les potimarrons, rutabagas, topinambours… ! » dit-elle.
Encore un autre bienfait de ce mode d’agriculture, grâce auquel nous pouvons revoir avec les enfants les saisons !
Des femmes en OR ! Merci de mener tous les jours cette mission pour la santé de nos enfants et surtout pour cette prise de conscience vers le vrai, la vie…
Merci Ghislaine pour cette sensibilisation qui me tient autant à cœur… à Marie-Pierre, France, Laetitia, Kheira et Christine, les cuisinières de l’avenir …
PH / © DIEGO COMER