Pour qu'un jour


A propos de la recherche d'eau

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   01-03-2010

Nous avons abordé dans le numéro précédent un sujet passionnant : l'influence des rayonnements de la terre sur les organismes vivants, et particulièrement ceux émis par les cours d'eau souterrains. Nous avons évoqué à ce propos une méthode ancestrale, mais toujours utilisée, de recherche : la méthode du sourcier. Si cette technique reste la plus employée pour la recherche d'eau, il y a deux raisons essentielles : la première c'est qu'elle est fiable, la seconde c'est qu'il n'existe à ce jour pas de moyen plus performant pour le faire. La technologie ne permet pas tout !

Première expérience !

Il y a quelques années, je travaillais en Bretagne à l'entretien des serres maraîchères, ces grandes structures de verre et d'aluminium où poussent tomates, fraises et autres poivrons. Ce jour là, à la demande du propriétaire, un sourcier est venu rechercher un point de forage. Je le regardais se déplacer en agitant de haut en bas un instrument appelé « tenseur ». Il m'a alors proposé d'essayer : « tu fais comme moi, et si tu arrives au dessus de l'eau, ça se met à tourner! » Effectivement, l'extrémité de la baguette s'est mise à tourner dès que je suis arrivé à la verticale de l'eau, mue par une force bien réelle . C'est une expérience unique ! Le lendemain, je m'étais fabriqué mon premier « tenseur » avec un bout de canne à pêche en fibre de verre. J'ai depuis essayé toutes sortes d'outils permettant de détecter l'eau : baguettes coudées, baguettes en « Y »(à l'origine une simple branche de coudrier ou de saule), pendule...Tous fonctionnent, chacun a sa particularité,et l'on s'aperçoit vite que l'instrument en lui même n'est qu'un intermédiaire, indissociable de la main qui le tient.


Magie ou don ?

Il n'y a rien de magique dans cette réaction , encore moins de divin ! Cependant, ni les chercheurs d'eau ni la communauté scientifique ne sont vraiment capables de fournir d'explications rationnelles à ce phénomène. Ce qui paraît en revanche évident, c'est que le corps, d'une façon ou d'une autre, perçoit le signal de l'eau et ceci se matérialise par la réaction des mains et donc de l'instrument. Pas uniquement le signal de l'eau d'ailleurs, puisque ces méthodes ont été utilisées à une époque pour la recherche de minerai, et également par les marines lors de la guerre du Vietnam pour découvrir des souterrains ou des structures cachées. Bien sûr, la recherche d'eau est un art qui se travaille et se développe, s'affine avec le temps. La sensibilité est une condition nécessaire, mais il faut également travailler la technique, la concentration, la visualisation, et aussi la confiance. On remarque ainsi que les enfants ont vraiment des prédispositions pour la détection, ils ne doutent pas !


Tout le monde peut le faire !

L'apprentissage de la baguette s'apparente un peu à l'apprentissage d'un instrument de musique : quelques prédispositions et, surtout, un bon professeur,une bonne méthode et de la persévérance. Avec la pratique, la méthode s'affine, les réactions sont plus précises, notre sensibilité aux rayonnements de l'eau se fait plus nette. Ainsi, il est possible de ressentir physiquement la présence de l'eau avant même que les baguettes ne réagissent !


Personnellement, j'utilise cette méthode de recherche pour détecter les circulations d'eau souterraines lors des études de terrains ou d'habitations. Il s'agit uniquement de déceler leur présence afin d'éviter leurs rayonnements nocifs. Mais il est possible d'aller plus loin dans ce travail : déterminer la profondeur ou le point de forage, le sens du courant ou son débit en m3 sont des exercices à la portée d'un bon chercheur d'eau !

On se rend compte alors que ce travail, en dehors des services qu'il nous rend, est également une manière de prendre conscience de l'interaction subtile qui existe entre notre proche environnement et nous-même, et que notre perception du monde ne se limite pas uniquement à ce que nous autorisent nos cinq sens. C'est une possibilité d'échange avec la nature, une démarche sensible pour prendre conscience des liens qui nous relient à elle.

 

Pierre SECHET-DUTREIX - Géobiologie-Habitat Sain
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