C’est la fête des Pères, quelques réflexions sur le rôle du Père… |
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| 02-06-2009 | |
La mère crée le CONTACT et apprend à ETRELa mère permet de développer le monde intérieur et détermine le lien avec soi-même. Par les contacts et soins corporels, elle délimite le corps de l’enfant et lui permet de développer la conscience de soi puis la confiance en soi. Elle est responsable de la manière dont l’enfant reconnait ses propres sentiments, sa capacité à être ému et à ouvrir son cœur. C’est elle qui découvre les dons et talents de l’enfant. Par ses pensées et son regard elle va influencer l’opinion que l’enfant a de lui-même.Le père crée l’IDENTITE et apprend à FAIRELe rôle du père est primordial, bien que second. C’est le 2ème amour de l’enfant. La mère a porté l’enfant 9 mois, l’a nourri par le cordon ombilical. Le bébé ne fait connaissance avec son père qu’à la naissance, même s’il a déjà entendu sa voix.La relation doit être créée.Le père entre en relation avec l’enfant, il vient de l’extérieur. Il est l’étranger qui sera l’ambassadeur du monde extérieur, celui qui permet le passage du monde familial au monde de la société. Le symbole du père est le soleil, il rayonne sur le monde et ceci de façon identique, égal pour tout le monde. Le père devrait faire preuve d’impartialité dans la famille. Pendant fort longtemps c’était lui qui cultivait le sentiment d’appartenance, par exemple en définissant la position de la famille dans la société et son degré d’implication (participation, intégration sociale par le sport, le bénévolat…) Le père apprend à agir et donne l’orientation. Il guide, montre le chemin, donne des valeurs morales et un sens à la vie. Dans la mesure où l’expression de l’amour d’un père est plus souvent conditionnelle (liée aux actions, bonnes notes à l’école par exemple), cela va jouer sur la construction du sens des responsabilités, du goût de se dépasser, de sa position face à la hiérarchie...Il est classique de considérer que le père incarne l’autorité et le pouvoir. S’il impose trop de règles et de structures, il peut devenir tyrannique, à l’inverse s’il n’en donne pas suffisamment, l’enfant se sent perdu, sans guide. Son rôle originel est aussi celui de protéger des dangers extérieurs et d’apporter la sécurité (matérielle, financière et aussi psychologique). Si un père est agressif et violent avec la mère, l’enfant ressentira une profonde insécurité, car il y a un ennemi dans la maison. Si par exemple, la profession du père impose de fréquents déplacements, le retour régulier donne un sentiment de continuité et de stabilité. Mais s’il n’y a pas de retour, l’enfant n’apprend pas à se séparer et peut devenir plus tard dépendant d’une substance ou d’une relation pour compenser la blessure. Il n’apprend ni à quitter ni à revenir. Le père doit assumer son rôle de séparateur : intervenir dans la relation fusionnelle mère-enfant puis apprendre à l’enfant à diverses occasions à se séparer pour devenir indépendant. Pour une fille :le père est la première personne de l’autre sexe, l’étranger, cette partie non connue du monde. Il doit interrompre le lien mère/fille, sinon elle reste la fille de maman, petite fille attachée. Quand une fille n’est pas vue, reconnue par son père, elle peut avoir des difficultés à développer sa féminité. Par contre quand le père la considère comme sa princesse, il laisse s’installer une confusion dans l’esprit de sa fille qui pense qu’elle est plus importante pour lui que sa femme. Le danger est de recréer une nouvelle symbiose.Pour un garçon :le père doit interrompre le lien mère/fils, sinon il reste dans les jupes de sa mère et devient le fils à sa maman. Le petit garçon voit son père comme lui-même en plus grand, il l’admire, c’est un modèle. Parfois il arrive que le père soit jaloux, il se sent en compétition, et écrase son fils. Or il est nécessaire que le père encourage son fils à développer sa propre identité et non une copie conforme de lui-même.Quand le père est absent ou manquant pour son fils…De plus en plus de pères sont absents : divorce, foyer monoparental, décès, profession accaparante, missions à l’étranger... Parfois le père est présent physiquement mais émotionnellement absent, ne s’impliquant pas, ou inaccessible.L’enfant peut chercher des substituts d’autorité membres de la famille, maître d’école, professeur... il peut devenir influençable, et à l’adolescence chercher des figures religieuses, se tourner vers des mouvements politiques, des sectes ou autres doctrines... Si le père ne prend pas son rôle de décideur, la mère peut devenir manipulatrice dans la famille. Quand la maman veut garder ses petits poussins à elle, et qu’il laisse faire, le père abandonne la volonté de construire une relation avec ses enfants. Certains pères sont aussi désintéressés de ce qui se passe dans le foyer, ils se servent de leurs activités professionnelles et sociales pour ne pas se positionner en famille et laissent la mère s’occuper de tout ce qui concerne la maison et les enfants. Ils démissionnent. Le père en tant que modèle, permet au garçon d’accéder à son identité d’homme. Si le père est absent, c’est la mère qui dit au fils comment doit être l’homme (il essaie d’être le petit mari de maman pour ne pas être comme le « mauvais homme » de l’histoire de sa mère) ; le garçon va construire son identité masculine en fonction de « l’être et du dire » de la mère. Or la mère ne peut pas apporter au garçon le contact physique avec le corps semblable, ni lui apprendre l’agressivité en tant qu’affirmation de soi et capacité à se défendre. En manque du corps du père, le fils peut développer la peur d’être une femme, la peur des femmes ou la peur du désir de la femme ce qui pourra entraîner des difficultés d’érection. Pour sortir de l’impuissance (sexuelle, émotionnelle, ou sentimentale) il faut prendre le risque d’être en rapport avec son propre désir donc demeurer en contact avec soi-même, tout en étant en lien avec l’autre, sous le regard de l’autre ! Le manque de père entraîne un manque de repères psychologiques et la sensation de manque d’appuis ; des individus à la colonne vertébrale fragile. Le petit garçon surprotégé vit le moins souvent possible d’expériences de douleur, il se confronte donc peu à la réalité. Et n’est-il pas courant de constater que les hommes sont souvent plus douillets que les femmes ? Une maman a tendance à limiter la spontanéité physique d’un garçon, or l’homme se caractérise par l’énergie primitive, l’impétuosité « il faut que ça sorte ! » Le dynamisme est l’une des qualités de fondement de l’homme (capacité à «satisfaire » la femme, de prendre sa place dans la société). Une agressivité étouffée, étouffe l’ambition et la curiosité exploratoire. S’il y a manque de père pour accompagner l’agressivité qui est capacité à se défendre et affirmation de soi, cela pourra conduire à la violence intérieure, impulsive et peut-être plus tard à la violence conjugale. Heureusement aujourd’hui, il y a davantage de rapports corporels et émotionnels entre père et fils au point qu’il peut se créer une relation de miroir sur le modèle de celle qui existe entre mère et fille. Même si pour beaucoup, le dialogue père-fils a encore du mal à s’installer. Avec la désacralisation du père, les hommes oscillent entre des représentations contradictoires. Pris entre l’image du père sévère qui édicte la règle et celle d’un père plus tendre, les hommes ne savent plus sur quel pied danser. En prenant conscience que la fonction paternelle, même si elle a changé, demeure indispensable car fondatrice, complémentaire et différente de celle de la mère, il reste à tous et à chacun à « réinventer la personne du père ». Marie-Claire JELENCoach personnel et professionnel - Aubenas 04 75 93 41 93 www.optimum-ardeche.frMarie-Claire Jelen vous invite à lui écrire si ce sujet vous interpelle. Au magazine Ma Bastide 12 rue Camille Artige 07200 AubenasRéférences : le Processus Hoffman www.institut-hoffman.com « Père manquant fils manqué – Que sont les hommes devenus ? » Guy Corneau (Les éditions de l’homme) |
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