Comment prévenir les abus sexuels ?
« J’ai peur du Monsieur » est le titre d’un ouvrage pour enfants traitant de la délicate question des agressions sexuelles sur les mineurs.
Comment en tant que parent ou adulte référent, aider les jeunes à se protéger ?
Quels mots utiliser ?
Comment dépasser la gêne ?
Comment expliquer l’inexplicable ?
Quels repères simples peuvent nous faciliter les choses ?
Parler à son enfant
Il est essentiel tout d’abord, d’être à l’écoute de son enfant, d’être attentif aux questions qu’il pose notamment autour de la sexualité. Car bien sûr, avant de parler des dangers il s’agira de répondre aux interrogations « ordinaires » sur l’amour, la reproduction, le plaisir ... Face aux demandes des plus jeunes, prenons en considération leur point de vue, leurs peurs, et acceptons de donner des réponses partielles, imparfaites mais toujours sincères. En effet, utiliser des mots simples et sincères permet de mettre à l’aise l’enfant. Par exemple : « Un abus sexuel c’est lorsque quelqu’un veut toucher des parties de ton corps et que toi tu ne veux pas. C’est aussi si une personne te force à regarder ou à toucher une partie intime de son corps.» ou « Je suis un peu gêné de parler de ces choses, mais je pense qu’il est important de te prévenir. »
Bien sûr, plus l’adulte aura établit une relation de confiance, avec le jeune, plus la communication sera fluide. Cela exclut toutes moqueries ou disqualification. Cela implique de proposer un lien solide. Si l’adulte par exemple, dit : « Je vais y réfléchir, nous en parlerons plus tard », il tiendra parole, n’oubliera pas de reprendre la conversation. (Les articles précédents parus dans « Ma Bastide », traitant des travaux de Jacques Salomé et « d’écologie relationnelle » peuvent nous aider en ce sens.)
Il est de plus incontournable, de dire et redire, qu’en cas d’agression sexuelle, la responsabilité en revient à l’adulte. C’est à l’adulte de ne pas abuser de son pouvoir sur un plus faible et de faire respecter la loi. Ce n’est pas le comportement de l’enfant qui provoque les abus sexuels, c’est bel et bien un déséquilibre chez l’agresseur.
Car enfin, la loi interdit les abus sexuels et protège chacun. Et cela aussi il est essentiel de le formuler clairement.
Apprendre le contact avec son corps et ses émotions
Reconnaître ce qui se passe à l’intérieur de nous est un véritable apprentissage. Nombre d’adultes ont eux –mêmes, quelques difficultés avec cela. Inviter les enfants, très tôt, à observer et à respecter ces dimensions corporelle et émotionnelle constitue un élément de prévention. Là aussi, des mots simples seront efficaces : une question telle que : « Qu’est-ce que ça te fait en dedans ? » peut amorcer l’échange.
Apprendre à dire « NON »
En tant que parent, enseignant ou professionnel, nous avons parfois du mal à accepter qu’un enfant s’oppose à nous. Mais, plus l’enfant apprendra tôt qu’il y a des moments où l’on doit obéir et des moments où il est vital d’oser dire « non», plus il sera protégé des violences.
Le test des trois questions
Nous allons maintenant voir quelques règles à enseigner à chacun pour éviter les pièges. Elles ont été pensées par une équipe canadienne il y a déjà quelques années mais restent d’actualité parce que claires et pragmatiques. Nous pouvons les retrouver dans des documents produits par « l’Office National du film du Canada » et regroupés sous le titre : « Mon corps c’est mon corps. »
Une des propositions consiste au « test des trois questions » :
Face à un inconnu qui par exemple lui propose de le suivre, l’enfant peut se poser les trois questions suivantes :
1- Est-ce que ça me fait « oui » ou est-ce que ça me fait « non » en dedans ?
2- Il s’agit comme nous l’avons vu plus haut, d’inviter le jeune à voir s’il a vraiment envie de suivre l’inconnu.
3- Si je vais avec cette personne, est-ce que je suis certain(e) de trouver de l’aide ?
4- Est-ce que je peux prévenir un adulte que je connais bien de l’endroit où je vais ?
SI JE REPONDS « NON » A L’UNE DE CES QUESTIONS. JE NE DOIS PAS SUIVRE LA PERSONNE !
Ces « balises » permettent de se protéger, sans tomber dans la peur ou la méfiance excessive.
Prenons un exemple :
Maria a 8 ans. Elle rencontre pour la première fois Daniel, en rentrant de l’école, qui lui dit : « J’ai perdu mon petit chien, tu l’as vu ? ».
La fillette ne l’a pas vu et l’explique à l’homme. Celui-ci ajoute
« Veux-tu le chercher avec moi ?
Il est peut être caché dans le parc plus loin. »
Maria fait le test des 3 questions :
- « Est-ce que ça me fait « oui » ou est-ce que ça me fait « non » en dedans ?
Ça me fait « oui » parce que j’adore les petits chiens, et j’adore aller au parc !
- Si je vais avec cette personne, est-ce que je suis certain(e) de trouver de l’aide ?
Non. Au parc, je ne sais pas qui sera là bas.
- Est-ce qu’un adulte que je connais sait où je suis parti (e) ?
Non, je ne peux le dire à personne.
J’ai répondu « non » à au moins une question
donc, je dis « NON ». »
Quand l’agresseur n’est pas un inconnu
Et oui, parfois le danger vient de l’entourage même de l’enfant.
La victime doit savoir qu’il est nécessaire de dénoncer la situation en s’adressant à un adulte de confiance. Il lui faudra peut-être de la persévérance pour dépasser la honte et trouver « la bonne personne » qui saura l’écouter et agir car malheureusement, les « grands » ne sont pas tous capables d’aider. C’est pourquoi il existe des numéros de téléphone (entre autre le 119) pour répondre à ce type de problèmes. Nous devons en informer les enfants car dans tous les cas, le silence ne résout rien.
Quelques signes chez l’enfant qui peuvent nous alerter
- Plaintes somatiques à répétition (par exemple : maux de ventre.)
- Changement subit d’attitude.
- Vives réactions émotionnelles (agitations, agressivité …) ou au contraire indifférence à toutes choses.
Pour terminer, si vous souhaitez organiser une rencontre autour du film « Mon corps c’est mon corps » merci de me contacter. A bientôt.
Parfois, un livre peut nous aider à parler de sujets délicats avec les enfants.
En voici deux :
« Lili a été suivie »
D. de ST Mars et S. Bloch CALLIGRAM
« Maman, j’ai peur du Monsieur »
V. Dumont et M. Brunelet Actes Sud junior
Il s’agira alors de lire le texte et découvrir les illustrations avec l’enfant, d’écouter ses remarques, ses réflexions, ses questions, ses peurs et ainsi, d’engager la conversation.
Pascale BERNARD psychothérapeute
en Psychosynthèse - Formée à la méthode ESPERE par J.Salomé et M. Daumas
co-secrétaire d’Ardèche Bien Etre
Mirabel 07 170 – 06 72 04 05 58
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*Jacques SALOME est l’auteur de nombreux ouvrages, il a créé une approche simple et efficace pour mieux communiquer. Il la nomme méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle).
** Approche humaniste créée par le Docteur Roberto ASSAGIOLI, contemporain de Jung.
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