Bien-etre


Les blessures de l'enfance - 7 -

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   09-01-2009
La blessure de trahison et le masque de contrôlant

Ce mois-ci, nous abordons la quatrième des cinq blessures de l’enfance, ou blessures de l’âme. Rappel sur la notion de masque : il représente un type de personnalité qu’on adopte avec son caractère, ses façons de penser et ses comportements. Par exemple : quand une personne se sent trahie ou déçue par rapport à ses attentes, elle porte son masque de «contrôlant», c’est-à-dire qu’elle adopte le comportement d’une personne qui a besoin de garder le contrôle sur les situations et les personnes. Dans l’enfance, la blessure de trahison se vit plus fortement avec le parent du sexe opposé ; à l’âge adulte, elle est réveillée par des personnes du sexe opposé.

Comment se met en place a blessure de trahison ?
L’enfant a ressenti que son ou ses parents avaient besoin de lui ; il a souvent perçu un ou les deux parents en tant que séducteurs. Il voulait contribuer au bien-être du parent du sexe opposé en le faisant sentir spécial (complexe d’Œdipe). Le sentiment de trahison de la part d’un des parents peut aussi venir d’une promesse non tenue, d’une attente non prise en compte, de la confiance donnée par le parent et retirée ensuite en raison d’une erreur de l’enfant. L’enfant a souvent ressenti le contrôle sur sa sexualité (remarques désobligeantes des parents quand l’enfant découvre son corps). Il peut avoir vécu des trahisons dans le domaine de l’amour ou dans le domaine sexuel (abus, inceste, …). La blessure de trahison s’éveille entre 2 et 4 ans (au moment de l’exploration du corps et de l’éveil de la sexualité).

Le comportement d’une personne qui porte son masque de contrôlant
Le contrôlant est en général quelqu’un de rapide, qui comprend vite, souvent talentueux. Il a un mental très actif, beaucoup dans le futur pour avoir le contrôle et éviter de souffrir de trahison. Cette attitude l’empêche de bien vivre le moment présent. Il veut faire à sa façon à tout prix et veut changer la façon de faire des autres. Souvent sceptique, il a horreur qu’on lui impose quelque chose.
Le contrôlant est celui qui a le plus d’attentes envers les autres parce qu’il a besoin de tout prévoir pour tout contrôler. Il a besoin de savoir s’il peut leur faire confiance. Il a de la difficulté à déléguer ou il vérifie en permanence que c’est fait comme il l’attend. On dirait qu’il a des yeux et des oreilles partout autour de la tête pour vérifier ce que font les autres. Il fait plus facilement confiance aux personnes du même sexe et contrôle davantage les personnes du sexe opposé.

Le contrôlant a une forte personnalité. Il affirme ce qu’il croit avec force et veut à tout prix convaincre les autres. Il s’occupe beaucoup des affaires des autres et prend facilement tout en charge, ne réalisant pas qu’il agit ainsi pour avoir le contrôle et ne pas souffrir de trahison. Il est rapide dans ses actions et supporte mal qu’on prenne trop de temps pour raconter ou expliquer quelque chose. Il a peu de patience avec les gens lents. De tous les caractères, c’est celui qui a le plus de hauts et de bas dans son humeur. Il peut être rempli d’amour et d’attention un moment et se mettre en colère pour un incident mineur dans la minute qui suit.

L’effet de surprise est l’émotion la plus difficile à vivre pour le contrôlant. Face à une situation imprévue, sa réaction première est de se mettre à l’écart et de rester en alerte. Mais il a l’art des changements de dernière minute qui créent la surprise chez ses proches.

Le contrôlant a de la difficulté à se confier car il craint que ses confidences soient utilisées plus tard contre lui. Il a horreur qu’on lui mente bien qu’il le fasse fréquemment lui-même. Mais il trouve toujours de bonnes raisons pour le faire et ses mensonges sont plus subtils. La réputation du contrôlant est très importante. C’est pourquoi il se sent insulté et très en colère quand quelqu’un fait ou dit quelque chose qui pourrait nuire à sa réputation. C’est pour lui une véritable trahison.
La plus grande peur du contrôlant est la dissociation. C’est pour cela qu’il vit très mal une séparation de couple qui est une forme de dissociation. Toute rupture relationnelle, qu’elle vienne de lui ou de l’autre, l’affecte énormément.  C’est pour cela aussi qu’il a peur de l’engagement : cela vient de la peur encore plus grande d’avoir à se désengager. Pour lui, se désengager, c’est se dissocier et c’est synonyme de trahison, chose impensable pour lui.

Quelques précisions
Pour devenir conscient de sa blessure, le contrôlant doit reconnaître toutes les fois où il ment ou transforme la vérité, même légèrement. Il doit reconnaître les situations où il n’a pas tenu ses engagements vis-à-vis des autres ou de lui-même. Il doit réaliser qu’il est aussi source de surprise pour les autres par ses changements d’humeur, par ses décisions soudaines, … Il gagnerait à entreprendre un travail pour aller à l’intérieur de lui-même, au lieu de vouloir avoir le contrôle sur l’extérieur. Développer la compassion l’aide grandement. Il a besoin de s’ouvrir au contact physique, toucher les autres et se laisser toucher. Il a aussi besoin de comprendre ses souffrances, dont l’origine est souvent bien enfouie.

Quand on est en relation avec une personne qui a une blessure de trahison, il est bon d’éviter de vouloir la contrôler, de douter d’elle, d’entrer en compétition avec elle, d’avoir trop de discussions intellectuelles ou de la pousser dans ses retranchements. Il est évidemment totalement inutile d’utiliser la séduction et les compliments ou de régir à ses tentatives de contrôle. Quelques pistes pour aider : le silence et la tendresse en sa présence, établir une relation de confiance avec elle.
 
Prochaine conférence qui intéressera aussi bien les parents que les personnes travaillant au contact des enfants :

«Un nouveau regard sur
la relation parents/enfants» 
à St Privat - vendredi 6 février à 20h.

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Article réalisé pour Ma Bastide
par Nathalie Corbineau

 



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