Bien-etre


LA METHODE E.S.P.E.R.E -IV- POUR UNE COMMUNICATION SAINE ET VIVANTE.

Suggérer par mail
   30-03-2009
L’injonction, un piège relationnel

« Il faut que tu changes ! » « Elle devrait faire comme les autres ! »  « Je dois être parfaite. » « Il aurait fallu que …. »

Les injonctions imposées par les personnes significatives de notre entourage ou par nous même sont de véritables prisons intérieures qui briment notre créativité et censurent notre liberté d’être.

Le terme injonction recouvre des paroles qui définissent l’autre, lui « collent une étiquette », l’enferment. Lorsque nous utilisons l’injonction dans notre communication, nous ne parlons pas à l’autre, nous parlons sur l’autre.

C’est ce qu’a observé Jacques SALOME* en tant que psychosociologue. Il nous invite donc, à être attentif à la façon dont nous exprimons les choses. Car c’est en prenant conscience de nos schémas que nous pouvons les transformer.

Ici, nous verrons au fil des mois, les principaux pièges relationnels qui polluent nos communications et comment s’en dégager.

Ainsi nous allons tout d’abord observer l’injonction, dans la relation adulte/enfant.

Lorsqu’un membre signifiant de la famille ou un enseignant s’adresse ainsi à un jeune :

 “Tu ne comprends vraiment rien ! ” ou “Ce n’est pas comme ça que tu vas y arriver !”

il est vraisemblable, qu’il le fasse avec l’intention de “secouer” l’enfant, de le pousser à réagir. Malheureusement, l’adulte prend alors le risque de cristalliser le jeune dans sa difficulté et surtout d’en figer la représentation. Au lieu de l’aider, il l’enfonce un peu plus. Et ce, même si sa bonne volonté n’est absolument pas en cause.


Je me souviens de Manu, un garçon de six ans, qui, à la question : “Comment apprend-on à lire ?”

avait répondu : “ll faut pas bouger.”

D’où provenait cette injonction ? De parents soucieux que leur fils soit sage ? Des enseignants ? Peu importe.

Manu s’inscrivait dans une passivité qui ne lui permettait pas d’apprendre à lire. Cette injonction était devenue une véritable croyance, inscrite en lui. Et c’est le dépassement de cette croyance qui lui a permis de lire.


Ce qui m’apparaît comme frappant, ce n’est pas tant que les enfants comme les adultes, soient porteurs d’injonctions. La relation étant vivante, elle produit forcément des éléments douloureux ou sclérosants.

Non, ce qui m’interpelle, c’est plutôt, que les uns et les autres n’aient que très rarement l’occasion de s’exprimer là-dessus. Or, l’injonction qui n’est pas nommée, identifiée, est finalement perçue comme une vérité intérieure, enfouie.

L’espoir de voir alors, ces injonctions dépassées, s’amenuise.  Nous véhiculons bien souvent, les stigmates de nos vécus d’enfant ou d’élève. Et beaucoup d’entre nous sont freinés par de vieilles injonctions «enkystées ».

Et si les enfants sont particulièrement sensibles aux injonctions, n’oublions pas que nous avons tous été des enfants … alors quelles phrases significatives restent ancrées en nous aujourd’hui ?

Pour aller un peu plus loin, notons que là où l’injonction fait peut-être, le plus de « dégâts », c’est lorsqu’elle est utilisée à propos de sentiments ou de sensations.

Indiquer à un enfant ce qu’il doit ressentir, c’est remettre en question ce qu’il sent réellement. Ce processus, utilisé de façon répétitive revient à lui proposer une relation de dépendance, puisqu’il risque ensuite de chercher à exprimer ce que l’adulte attend de lui, ou ce qu’il imagine que l’adulte attend de lui.

“Tu dois aimer ton frère.” “Tu ne dois pas être en colère.” (Nous confondons souvent ressentir de la colère et l’exprimer par des comportements violents.)  “Tu devrais être content d’avoir 12/20.” “Mais non, tu n’as pas mal !”

Autant d’invitations à se nier soi-même.


Je dirai aussi un mot de “L’auto injonction”, celle que l’on se donne à soi-même. Elle peut survenir très tôt dans l’existence et se montrer terriblement persistante. “Je dois d’abord penser aux autres. » « Je dois toujours me montrer forte ! »

Ces phrases ont peut être eu un sens a un moment de notre existence … mais dès lors qu’elles deviennent des carcans intérieurs, elles influencent notre scénario de vie, et épuisent notre énergie.

La liste des injonctions est sans fin ... Je ne me permettrais pas, d’ailleurs, de dire : «  qu’il ne faut pas prononcer d’injonction » car, en soit, cela en serait déjà une, une de plus …

 

Alors voyons plutôt …

Comment sortir de l’injonction ?

1) Tout d’abord, je prends soin de mes relations avec les autres et avec moi-même. Pour se faire, je veille à dépasser les jugements, à parler à l’autre plutôt que sur l’autre. Ainsi, plutôt que de dire : « Tu ne m’écoutes jamais ! » je dirai : « Là, j’ai vraiment besoin d’être écoutée. » Plutôt que de dire « Tu dois garder ce travail ! » je dirai par exemple : « J’ai très peur de te voir au chômage. »

Cela va m’amener à être responsable de mon « besoin d’être écouté » ou de « ma peur » et cela reste essentiel dans toute dynamique relationnelle.


2)
Lorsque j’ai usé ou abusé de l’injonction : Je peux toujours reprendre une parole malheureuse.

« Je vous ai dit que : vous n’étiez pas payé pour réfléchir. Et bien je retire cette parole, je pense au contraire qu’il est important pour moi de travailler avec une personne capable d’analyses, de réflexions… même si parfois vos remarques me dérangent. » 


3) Lorsque je reçois une injonction ou lorsqu’une injonction remonte des profondeurs de mon enfance, je m’interroge : Qu’est-ce que je souhaite garder de cela ? Je peux mener cette réflexion en interne ou, si nécessaire, indiquer à mon interlocuteur que je me différencie de son point de vue.

Par exemple : « Oui, tu penses que je devrais m’habiller de façon plus sexy. C’est ton avis, moi j’en ai un autre. »

Nous pouvons donc entendre et peut être accepter que nos mots aient un poids, une influence sur nos relations. Nous pouvons veiller à nous servir des mots, comme d’un levier, et non pas comme d’un détonateur.

Et puis, il est possible de repérer et de « déprogrammer » les injonctions qui nous censurent, afin de nous tourner vers notre puissance créative.


*Jacques SALOME est l’auteur de nombreux ouvrages, il a créé une approche simple et efficace pour mieux communiquer. Il la nomme méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle).


Pascale BERNARD

psychothérapeute en Psychosynthèse Formée à la méthode ESPERE par J.Salomé et M. Daumas

Co-secrétaire d’Ardèche Bien Etre - Mirabel 07170 -  06 72 04 05 58 - Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 

Actualité :

Séances individuelles sur R.V

Ateliers mensuels méthode E.S.P.E.R.E. /  Ateliers mensuels de psychosynthèse./ Formation à la psychosynthèse

Prochaine conférence : « Notre inconscient ami ou ennemi ? Apports du courant Jungien. »

 Le vendredi 03 avril 2009 à 20 h  au Centre Holistique d’Aubenas.

 

  © Article Ma Bastide - Avril - 2009 - reproduction interdite


 



rss

Advertisement

© 2011 Pub'attitude - Editeur du magazine ardéchois Ma Bastide
12, rue Camille Artige - 07200 Aubenas

 

Ce site est conforme à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés
et a fait l'objet d'une déclaration à la CNIL. N°  1221895