Sortir de la culpabilisation pour accéder à la résponsabilisationDepuis quelques mois je vous entretiens de ce qui parfois « coince » la machine relationnelle et surtout, nous tentons ensemble de voir comment faire autrement. Pour ce faire, je m’appuie notamment sur les travaux de J.Salomé.* Le mécanisme qui consiste à culpabiliser l’autre fait partie de ces polluants de la communication, qu’il est important de repérer et de dépasser.
Définitions :
Je débuterai cet article en différenciant ici «sentiment de culpabilité» et « culpabilisation ». Le sentiment de culpabilité permet à l’homme de s’interroger sur ses actes, ses intentions … et de repérer ses erreurs. En ce sens, « ce produit du surmoi » peut être utile à l’humanité, en lui permettant d’intégrer une certaine conscience morale. La culpabilisation en revanche, consiste à utiliser la culpabilité pour influencer l’autre dans ses choix (Exemples : «Tu me rendras folle avec tes idées de voyages au bout du monde ! », « Tu veux me tuer en épousant un étranger ! ») ou pour remettre en cause ce qu’il est profondément (Exemple : « C’est parce que tu es une fille que … »). Le « culpabilisateur » peut se servir aussi de ce mécanisme pour masquer son propre échec (Exemple : « C’est parce que je me suis marié avec toi, que je n’ai pas fait une grande carrière. ») etc… Comme nous le montrent ces situations, laisser croire à l’autre, qu’il est la cause de notre malheur est le ressort du mécanisme de culpabilisation. Il arrive donc que nous nous sentions coupable d’événements qui soit ne sont pas de notre fait, soit dépassent largement notre responsabilité. Cela peut être en lien avec un de nos caractères physiques, mais aussi avec nos sentiments, nos sensations … Comment puis-je être coupable d’aimer telle ou telle personne, de penser de telle ou telle façon ? Ce peut être induit par une parole, un regard, un soupir qui déclenche ce mécanisme et puis nous pouvons aussi nous faire souffrir nous-mêmes … On parle alors d’auto-culpabilisation.
Conséquences de la culpabilisation Nous observons, que cet engrenage brime l’affirmation de celui qui la subit car elle consomme l’énergie vitale et dépossède de la créativité. Cela peut remettre en cause ou tout au moins freiner la réalisation de ses projets. De plus, cela empêche la différenciation. En effet, la culpabilisation est une véritable intrusion dans le territoire de l’autre et inclut de penser, et même d’agir à la place de l’autre et donc amène de la confusion dans la relation. La culpabilisation non seulement entrave la communication, mais pour les plus jeunes, elle fragilise la construction de la personnalité. Ainsi, nombre d’entre nous, adultes, portons le poids d’une culpabilisation venue de l’enfance, de l’adolescence ou de tout autre moment important de notre existence.
Voici quelques exemples : • Frank croit être la cause du divorce de ses parents et il exprime cela encore des années après, dans son corps, par un surpoids. • La mère de Maryse est décédée lors de la naissance de Maryse et cette dernière porte cela comme une faute. • Liliane a vécu une fausse-couche et inconsciemment s’en croient responsable alors elle nettoie, nettoie, comme pour effacer… • Marc a traversé une dépression et il s’en veut, se trouve faible, perd encore plus confiance en lui.
Comment dépasser la culpabilisation ?1-Cultiver la vie en nous plutôt que les reproches. Pour cela il est vital de rester relié à sa créativité, nous avons vu que ce thème est en lien étroit avec la culpabilité. Le mot créativité est à comprendre au sens large. Celle-ci pouvant être présente dans toute notre vie et pas seulement dans l’acte artistique. Dans notre quotidien, nous pouvons à tout moment trouver des solutions innovantes, originales ou faire appel à notre fonction imaginative. C’est une façon de laisser se déployer nos ressources, notre potentiel. 2-Différencier erreur et faute. Une faute est intentionnelle, pas l’erreur. Ainsi en orthographe, par exemple, il ne peut s’agir que d’erreur pas de faute. L’erreur reste une occasion d’apprendre par le tâtonnement, l’expérimentation. Nous préférerons donc ce vocable plus positif. 3-Différencier notre être, ce que nous sommes et nos comportements. Lorsque je pose un acte, cela ne remet pas en cause tout ce que je suis, tout ce que je serai, tout ce que j’ai été. « Je suis plus que mes comportements ».** 4-Et enfin, nous arrivons à la notion de responsabilité qui nous aide à identifier « notre part » dans un conflit ou une difficulté. Pour préciser ce point je m’appuierai sur l’exemple concret de la plante verte qui est chez moi. Je suis responsable de l’arrosage dont elle a besoin, je suis responsable de lui donner les soins nécessaires … Mais je ne suis pas responsable du ver qui s’installe dans sa tige et la dévore insidieusement. En repérant les mécanismes de culpabilisation dans nos relations, au quotidien, nous pouvons envisager de créer de nouvelles façons d’être, plus légères, plus confortables, plus ouvertes. Elles s’appuient sur la notion de responsabilisation et sur notre capacité à expérimenter, à oser...
*Jacques SALOME auteur de nombreux ouvrages, a créé une approche simple et efficace pour mieux communiquer. Il la nomme méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle). ** notion développée par le Docteur Roberto ASSAGIOLI, créateur de la Psychosynthèse et contemporain de Jung.
Pascale BERNARD psychothérapeute en Psychosynthèse Formée à la méthode ESPERE par J.Salomé et M. Daumas - co-secrétaire d’Ardèche Bien Etre Mirabel 07170 - 06 72 04 05 58 /
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Actualité :En Ardèche : Séances individuelles sur R.V Pascale Bernard participera au SALON D’ARDECHE BIEN ETRE les 19 et 20 septembre 2009 à AUBENAS. En région parisienne : Formation à la Psychosynthèse : 06 25 52 47 13 « L’arbre dans la graine " du 06/07/09 au 10/07/09. En Aquitaine : Stage d’été : « Les enveloppes corporelles » du 13 au 18/07/09. Animé par un groupe de Psychothérapeutes en Psychosynthèse. 05 56 45 95 47 www.jardininterieur.com
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