Mieux vivre : Les Crises

Suggérer par mail
   02-09-2009
Une occasion de transformation ?
Les crises, qu’elles soient dans notre quotidien ou internationales occupent notre espace extérieur et parfois notre espace intérieur.

Sylvia rencontre des soucis dans son couple  On parle de crise.
Marc est en difficulté à son travail  On parle de crise.
Micheline a la cinquantaine On parle de crise.
Les marchés financiers s’écroulent  On parle de crise.
La guerre elle-même est appelée « crise majeure ».


 

C’est le même mot, ce sont des choses différentes, mais y aurait-il des points communs entre toutes ces situations ?
Outre  la question de l’échelle (crise planétaire, crise personnelle …) nous pouvons différencier les crises intrinsèques  à l’être humain et celles associées à l’histoire de chacun. Ainsi, nous traversons tous la naissance, l’adolescence, le vieillissement et la mort. Ce sont des crises majeures de l’existence, liées aux cycles de vie, traversées de façon plus ou moins intenses mais communes à tous. Elles sont aussi des « stades de développement ».
En revanche, certains événements comme une maladie grave, la perte de son travail ou un deuil brutal, constituent des crises spécifiques à un individu.
Tout le monde vit des moments difficiles, mais tout le monde ne vit pas la mort prématurée d’une personne chère, par exemple.
Pourtant, au-delà de ces distinctions, certains psychiatres et certains philosophes, dès les années 50, ont mis en évidence un processus commun à toutes crises. Ils appartiennent notamment au courant humaniste.
Assagioli le père de la Psychosynthèse par exemple, ou Maslow sont de ceux -là.

 

 

Les phases de la crise

Chaque crise, est constituée d’étapes comparables celles d’une naissance  ou au développement d’une chrysalide.
Ce qui permet d’observer quatre phases qui semblent être communes à toutes crises :

 La 1° étape :

C’est le moment où le bouleversement est en préparation, mais où l’intéressé ne le sait pas encore. Le fœtus n’a pas encore perçu de contractions. La chenille quant à elle, bien au chaud dans son cocon, ne connaît pas encore le papillon ni le chemin pour y parvenir.

• Au niveau international,

c’est le moment par exemple, où l’homme pollue et maltraite la nature sans envisager qu’il crée les conditions d’une catastrophe. Les années 60/70 en sont l’illustration.

• Dans notre quotidien,

c’est lorsque Georges ne se doute pas que son épouse se renseigne pour une procédure de divorce. C’est lorsque Francine ne sait pas qu’elle est sur la liste des personnes licenciées dans son entreprise. C’est lorsque Marcel ne ressent pas encore les symptômes de la grave maladie qu’il porte en lui. Les changements ne sont pas encore bien visibles.

• Que faire ?

A ce stade là,  ce qui est déterminant c’est le contact profond avec soi-même et avec les autres. Etre attentif aux petits signes … du corps, des émotions, de notre intuition …
C’est ce qui permet de faire de la prévention.

 La 2° étape :

Le fœtus sent les premières contractions alors que le col de l’utérus est fermé. C’est le déclenchement de l’accouchement. A ce stade là de la crise,  la turbulence est palpable mais aucune issue n’est en vue. C’est donc le moment où la pression est présente mais n’a pas de sens.

• Dans notre société,

ce peut être comparé au moment où le marché boursier s’effondre, où l’on apprend que certains perdront gros et que cela aura des incidences sur notre économie. Pourtant, on  n’imagine aucune solution viable.

• Dans notre quotidien, 

cela correspond au moment où Georges reçoit un courrier de l’avocat de sa femme et ne voit pas ce qu’il peut faire; où Francine apprend son licenciement et n’a aucune idée de comment elle va s’en sortir. C’est une phase douloureuse, angoissante, elle est associée aux thèmes de la dépression, de l’emprisonnement. Chacun à ce stade, voudrait que tout redevienne comme avant.
Certains diront: « C’est l’enfer ! » d’autres
« le ciel m’est tombé sur la tête. »

• Que faire ?

Pendant cette phase, il est essentiel de se rappeler que ce n’est qu’une période et que les choses ne seront pas toujours aussi noires. C’est le moment où l’on a besoin du réconfort de ses proches et où parfois, les personnes demandent de l’aide à un professionnel.
Et c’est vrai, que même s’il est difficile de faire la démarche, elle reste une manière d’alléger la crise et d’y mettre sens.

 3° étape :

Pour le bébé à naître, les contractions sont intenses et il s’engage dans le canal vaginal. Pour la chrysalide, le cocon est devenu trop petit. Dans cette période ils devront faire beaucoup d’efforts pour sortir, l’un est l’autre. On parle parfois de phase de combat. Ces efforts sont nécessaires. Ils donnent de la force. Nous savons que le papillon ne peut voler que s’il vit cette étape. Ouvrez de vos mains le cocon et l’insecte sera condamné à rester au sol.

• Dans notre société,

cela correspond à des prises de décisions qui impliquent un engagement résolu vers d’autres façons de fonctionner. Le compromis n’est pas possible. Des ouvriers bloquants leur usine délocalisée, sont dans la phase 3.

• Dans notre quotidien :

Georges à ce point là, accepte mieux la situation et commence à envisager une autre vie. Francine après une période de désespoir cherche des solutions. Ce n’est pas facile mais elle a à nouveau envie de tenter quelque chose, peut être de très différent de ce qu’elle a fait jusque là.

• Que faire ? :

Pour que la 3°étape survienne il est indispensable de faire le deuil de ce qui était « avant ». Cela implique une réflexion, nous disons un travail, sur le lâcher-prise et l’ouverture.
C’est le moment de retrouver ses rêves enfouis, de se demander : « Qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? » Les questions existentielles sont parfois incontournables. Comme si la difficulté était là pour nous les rappeler.

 4°étape :

C’est la dernière phase de l’accouchement. Le petit homme né enfin.
Un nouvel univers s’ouvre à lui.
Il a alors toutes les fragilités et tous les potentiels. Le papillon lui, prend son envol.

• L’histoire

nous a montré des sorties de crises à la fois flamboyantes et porteuses de terribles chagrins comme la libération en 1945 (la joie de retrouver la liberté et la tristesse de compter ses morts).

• Dans notre quotidien :

ça y est, c’est l’heure de la reconstruction pour Georges. Francine pour sa part décide de s’engager dans un nouveau projet et ce qui a été un cataclysme est aujourd’hui un accès à une autre vie.

• Que faire ?

Si la crise est une occasion de transformation c’est parce qu’elle est liée à notre créativité. Une des clés pour «se sortir d’affaire» est donc de développer cette énergie de vie, de la cultiver …

En quoi la notion de crise peut nous aider ?

a) Comme nous le voyons, en théorie, les phases se succèdent et amènent  à un changement, voire une amélioration. La crise est un passage. Pourtant cela ne se passe pas toujours aussi simplement dans la réalité. Pourquoi ?  Il arrive qu’une personne reste « accrochée » à une phase, comme bloquée. George par exemple, s’il est inconsciemment enfermé dans la 2°étape peut être figé dans une souffrance. Son entourage dira: « Il ne se remet pas de son divorce. »
La crise perçue comme un processus est donc associée à la notion de mouvement.
b) D’autre part, identifier la crise c’est entendre qu’il y aura une sortie de crise et c’est aussi prendre le recul nécessaire pour la dépasser.
c) De plus, repérer quelle phase de la crise je suis en train de vivre facilite la mise en œuvre de stratégies pour en sortir
d) Enfin, il est important de  prendre conscience que ce qui se vit pendant la crise détermine en partie l’après crise. Par exemple, Le Général De Gaulle n’a pas attendu 1945 pour envisager l’après guerre et la politique qu’il mènerait.

J’ai tenté de montrer combien la crise pouvait être en lien avec les cycles de vie et de mort, inhérents à la condition du vivant.
Ce processus mort / naissance semble nous indiquer que chaque étape de l’accouchement biologique, réel, a un équivalent dans la psyché de l’homme. Ainsi, chacun d’entre nous peut se sentir relié de façon plus étroite avec l’une de ces phases. (Exemple : Les personnalités « battantes» seraient davantage identifiées à la 3° étape).

C’est aussi ce que nous enseigne cette approche de la crise. Et c’est entre autres, ce dont je vous entretiendrai, lors d’une prochaine conférence au salon d’Ardèche Bien Etre. Espérant vous y retrouver, je vous dis à bientôt.


Pour en savoir plus : Bibliographie :
Christiane Singer « Du bon usage des crises ».

 

Pascale BERNARD - psychothérapeute en Psychosynthèse
Formée à la méthode ESPERE par J.Salomé et M. Daumas co-secrétaire d’Ardèche Bien Etre
Mirabel 07 170 – 06 72 04 05 58 - Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Actualité : Psychosynthèse et méthode E.S.P.E.R.E
- Séances individuelles sur R.d.V
-  Reprise de l’atelier Méthode ESPERE (selon les travaux de J.Salomé*)
-  Reprise de l’atelier de Psychosynthèse** 

Pascale Bernard participera au SALON D’ARDECHE BIEN ETRE
les 19 et 20 septembre 2009 à AUBENAS.
Elle présentera une conférence « Les crises, des occasions de transformation ? »
le samedi à 16h et un atelier «Méditation et dessin, des outils de transformation.»
le dimanche à 15h. salle st Pierre à Aubenas

 

*Jacques SALOME est l’auteur de nombreux ouvrages, il a créé une approche simple et efficace pour mieux communiquer.
Il la nomme méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle).
**  Approche humaniste créée par le Docteur Roberto ASSAGIOLI, contemporain de Jung.

 

 



rss

Advertisement

© 2011 Pub'attitude - Editeur du magazine ardéchois Ma Bastide
12, rue Camille Artige - 07200 Aubenas

 

Ce site est conforme à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés
et a fait l'objet d'une déclaration à la CNIL. N°  1221895