La dépendance affective
Rompre avec l’emprisonnement, l’inquiétude, la peur de l’échec …
L’essentiel dans la vie d’un couple est dans l’alliance respectueuse et toujours réactualisée de deux libertés. » Jacques Salomé
La Saint Valentin nous invite à repenser nos amours et nos rêves d’amours. Nous avions souhaité une relation de confiance et de joie et nous nous réveillons un matin ne sachant plus où est l’amour et où est la souffrance. La dépendance affective c’est lorsqu’une personne accepte le poison d’une relation, accepte que l’amour fasse plus de mal que de bien, lorsqu’une personne accepte de se mettre en danger tant elle est obsédée par l’autre. C’est lorsque l’amour agit comme une drogue avec son lot de plaisirs brefs et d’accoutumance.
Voici des exemples :
• Lucienne supporte les coups de son mari. Elle a décidé à plusieurs reprises de le quitter. Mais à chaque fois le manque est plus fort et elle renonce à sa liberté.
• Annie adule un homme indifférent, qui la tolère mais semble incapable d’aimer. Elle se persuade qu’elle est indispensable pour ce compagnon instable et reste coûte que coûte.
• Quels thèmes et mécanismes se manifestent ici ?
Comment s’aimer mieux afin d’aimer mieux ?
Si Lucienne, Annie et tant d’autres, acceptent de vivre ainsi, c’est en grande partie parce qu’elles sont « coupées de leurs émotions.
• Comment cela se peut-il ?
Eh bien, le plus souvent, les personnes dépendantes affectivement ont vécu une contradiction entre ce qui est exprimé et la situation réelle.
Si l’enfant a assisté à une scène violente entre ses parents il dira :
« J’ai peur ! » ou « Maman est triste.»
Si un adulte référent lui répond :
« Mais non, tu n’as pas peur ! » ou « Voyons, ta maman n’a pas de raison d’être triste ! ».
Alors, il y a une douloureuse confusion interne qui apparaît. Car ce que l’enfant « sent » et ce qui est dit s’opposent. N’oublions pas qu’il est très difficile de remettre en cause la parole d’un adulte de confiance, le jeune choisira plutôt de nier son propre ressenti, et parfois même d’ « anesthésier » ses sentiments. Ainsi, une fois adulte, lorsque Lucienne percevra que cet homme est dangereux pour elle, elle ne croira pas ce qu’elle ressent. Nous le voyons, il s’agit d’un dysfonctionnement qui contribue largement à la dépendance amoureuse. Ensuite, on observe que de par leur histoire (un père violent, une mère malade …), elles portent en elles, une terrible peur de l’abandon. Ces personnes feraient donc n’importe quoi pour éviter toute rupture.
De plus, du fait de la fragilité parentale, elles ont un sens aigu des responsabilités. Si aigu, qu’elles vont en prendre plus que leur part et vont avoir tendance à culpabiliser. Même lorsque son mari la bat, Lucienne se dit que c’est de sa faute à elle, qu’elle n’aurait pas du faire ceci ou dire cela. Ce qui est une qualité au départ devient un inconvénient. On constate que le sens aigu des responsabilités amène les personnes prises dans cet engrenage de l’addiction amoureuse, à être attirées par des gens qui ont besoin d’aide. Et il est observé que « se sentir utile, voir indispensable » est un des ressorts de la dépendance affective. En aidant l’autre, on oublie ses propres blessures et on excuse tous les comportements du conjoint.
(Exemple : « C’est parce qu’il a souffert qu’il me traite ainsi se dira Annie. »)
Nous le voyons, ces points sont liés entre eux et constituent une sorte de cercle vicieux ; une chose en alimentant une autre et provoquant ce que je n’hésiterais pas à appeler une prison. Tous ces éléments douloureux contribuent au désir de tout contrôler. Les personnes atteintes de dépendance affective tentent inconsciemment de tout contrôler Se contrôler eux-mêmes mais aussi contrôler l’autre et les situations. (Qu’a-t-il fait ? A-t-il consommé de l’alcool ? A qui a-t-il téléphoné ?) Autant de poisons surmultipliés dans la relation qui notamment endommage un peu plus l’estime de soi, car ces vérifications demeurent humiliantes. La souffrance et la disproportion des sentiments sont là à chaque paragraphe lorsque nous traitons de ce sujet.
Effectivement, la confusion entre souffrance et amour amène à croire que le tourment est le prix à payer pour être aimé.
Pour créer des relations saines, matures et d’égalité, il s’agit tout d’abord d’oser regarder la situation en face. Cesser de se raconter des fables (« Quand nous aurons des enfants ça ira mieux … »).Cela implique aussi de renoncer à idéaliser toutes situations et de toujours différer le bonheur. Le bonheur, c’est pour tout de suite !
A partir de là, chacun prendra ces questions très au sérieux et pourra envisager de chercher de l’aide. L’aide qui lui convient, ce peut être une rencontre avec un professionnel mais aussi intégrer un groupe d’entraide (Robin Northwood propose un dispositif de ce type dans ses ouvrages–voir bibliographie.)
Dès lors, la personne sort du secret et peut partager avec autrui, ce qui est essentiel.
Enfin, il s’agira de bien repenser ce que l’on est prêt à accepter ou pas … Il est indispensable que la « guérison » devienne une priorité vitale, quitte à donner du temps à cela, quitte à passer pour égoïste.
C’est ainsi que, quel que soit la complexité de la situation, il va devenir possible de développer son jardin intérieur en vue de reconstruire autrement et de choisir consciemment un partenaire qui est bon pour soi.
Le sujet est vaste et nous ne l’épuiserons pas ici, c’est pourquoi je vous propose quelques livres pour en savoir plus. En effet, la dépendance affective est source de souffrance dans nombre de couples. Pourtant, il est possible de réinventer des amours adultes où à l’addiction on préférerait la profondeur de l’intimité, le partage bienveillant, l’amour créatif.
« Ces femmes qui aiment trop »
Robin NORWOOD Tomes I et II (J’ai lu)
« Les enfants de Jocaste »
Christiane OLIVIER (Denoël)
Pascale BERNARD
psychothérapeute et formatrice
en Psychosynthèse**
Formée à la méthode ESPERE par J.Salomé* et M. Daumas / co-secrétaire d’Ardèche Bien Etre
Mirabel 07 170 - 06 72 04 05 58
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*Jacques SALOME est l’auteur de nombreux ouvrages, il a créé une approche simple et efficace pour mieux communiquer. Il la nomme méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle).
**Approche humaniste créée par le Docteur Roberto ASSAGIOLI, contemporain de Jung. www.psychosynthese.com/sfpt/sfpt.html.
Actualité : Psychosynthèse et méthode E.S.P.E.R.E
EN ARDECHE - Séances individuelles sur R.d.V - Un jeudi soir par mois : Atelier Méthode ESPERE (selon les travaux de J.Salomé)
Un mardi soir par mois : Atelier de Psychosynthèse - Stage « L’arbre dans la graine. » Session d’introduction à la Psychosynthèse (4 jours)
du 21 au 24 mai 2010 à Gravières.
EN REGION PARISIENNE - Stage « Manteaux de vie » à St Maur (94) 12 et 13 mars 2010.
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