J'ai mal à mes racines ! |
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| 01-12-2009 | |
Noël est l’occasion de se retrouver en familleEn tant que psychothérapeute, j’observe que les fêtes de fin d’année peuvent être de hauts lieux de somatisation, de réminiscence, d’actes manqués …. Outre les questions relationnelles ordinaires, je prétends que ces fêtes permettent plus que tout autre moment, l’expression de l’inconscient familial : Composante de l’inconscient collectif, l’inconscient familial est un territoire psychique profondément enfoui et pourvu d’une dimension universelle peuplée de symboles et d’archétypes. Comme l’inconscient individuel, il est habité par une mémoire dont les éléments ne sont pas accessibles directement. Je m’empresse de vous donner un exemple : Lorsque Marianne avait 20 ans, l’homme qu’elle aimait s’est suicidé (il a choisi le gaz). Et depuis, elle traverse une errance affective douloureuse. C’est en s’interrogeant sur la psychogénéalogie de la lignée de femmes à laquelle elle appartient qu’elle va découvrir un sens profond à ce qu’elle vit. En parlant avec sa mère, elle apprend que celle-ci lorsqu’elle avait 20 ans était amoureuse de Samuel, mort en camp de concentration, dans les chambres à gaz et que sa grand-mère lorsqu’elle avait 20 ans avait perdu son fiancé à la guerre de 14, gazé. C’est un peu comme si le chagrin d’amour de la mère et de la grand-mère était légué en héritage et transmis par l’inconscient familial. Nous parlons ici d’une reproduction de situation ou d’une"fidélité "qui traverse les générations de femmes dans cette famille. Nous pourrions envisager le hasard bien sûr, s’il n’était pas si troublant de constater que le fait de démasquer ces non-dits apaise les membres de la famille.
Nous allons élargir le propos en pointant ce que peut nous révéler la famille en matière de loyauté invisible : Les répétitions familiales : L’exemple précédent montre comment par une sorte de solidarité familiale, une succession de générations peut " revivre " des situations qui se ressemblent. Les dettes : Chaque famille, en fonction de sa culture, de son histoire, établit une sorte de système comptable qui gère inconsciemment les situations. S’il y a eu injustice à la génération précédente, la nouvelle génération va peut être tenté de réparer la situation. Un cousin éloigné par exemple vous rend un grand service en toute générosité. Peut-être découvrirez-vous que votre grand-père 60 ans auparavant, avait fait un acte héroïque en faveur de son propre grand-père. Et c’est comme si les comptes s’équilibrent ainsi. Les secrets : L’indicible, l’inavouable, enfoui dans l’inconscient familial se manifeste parfois dans nos vies de façon désagréable. Anne Ancelin Schützenberger, à la suite de N. Abraham et de M. Török, parle d’un "fantôme dans la crypte "qui s’invite dans nos existences, souvent de façon douloureuse (par exemple par de terribles cauchemars). Lorsque dans une famille il y a eu un assassinat, une maladie "honteuse ", un inceste, un adultère, un internement en hôpital psychiatrique ou en prison ou toute chose qui a une époque donnée à pu faire l’objet d’une disgrâce, eh bien ce secret n’aura de cesse de vouloir s’exprimer d’une façon ou d’une autre. Philippe Grimbert le montre admirablement dans "un secret ". Le syndrome d’anniversaire : Nous avons vu plus haut que les âges devait être pris en compte dans ce type de réflexion (Marianne et ces ascendantes, à 20 ans) mais il est toujours intéressant de se pencher aussi sur les dates. Dates de naissance, dates de mort des proches, dates d’accidents, de mariage, de divorce, d’opération chirurgicale etc… Ainsi, découvrirez-vous peut-être que cet accident de voiture qui vous a laissé des séquelles, et bien il vous est arrivé le 26 mai, juste le jour anniversaire de la mort de votre père. Qu’exprime alors votre inconscient du chagrin ou du non-dit autour de cette mort ?
Comment cela fonctionne ? D’une part, A. Ancelin Schützenberger explique que nos "états d’âme" influent sur le système immunologique et donc sur notre santé. Pour se faire elle s’appuie sur les travaux d’une science interdisciplinaire née dans les années 80 : La psychoneuroimmunologie. D’autre part, N. Abraham et de M. Török émettent l’hypothèse que l’information inconsciente circule par le biais de l’évitement de certains sujets. Une femme qui a vécu un viol et refuse d’aborder ce sujet par exemple, transmet " en creux " l’information à sa fille. C’est le non-dit et la gêne qui y sont associés qui évoquent la "zone d’ombre". De plus, les différents auteurs sur la question n’excluent pas la communication directe d’inconscient à inconscient. Bien sûr, dans ces domaines encore de nombreux mystères sont à éclaircir : Pourquoi cet enfant de la fratrie et pas l’autre manifeste-t-il une fidélité ? Pourquoi la loyauté invisible prend telle ou telle forme ?
Quand privilégier la psychogénéalogie ? A tout moment de notre vie, nous pouvons nous demander par exemple ce qui se passait pour notre mère ou notre père au même âge. C’est toujours intéressant. Mais là où c’est le plus parlant : C’est lorsque nous traversons une période particulièrement pénible et que nous ne comprenons mieux ce qui nous arrive. Lorsque nous avons le sentiment que nous vivons "à côté de notre vie ". Lorsqu’un événement "nous tombe sur la tête " sans prévenir et aussi lorsque face à une difficulté particulière les différentes techniques de thérapie ont échoué. Autant d’occasion de transformer ce qui nous pèse en légèreté, et les fantômes en compagnons de route.
Le lien avec les pratiques ancestrales. Dès que l’on se penche sur la psychogénéalogie, on ne peut que faire des liens avec des pratiques ancestrales. En Afrique notamment, le guérisseur envisage la maladie dans son contexte familial et généalogique. Il s’intéresse donc, comme la psychogénéalogie à la portion de notre histoire qui ne nous appartient pas.
Alors pour ces fêtes rituelles de Noël qui s’annoncent, n’hésitez pas à vous asseoir à côté d’une très vieille tante et écoutez, écoutez vraiment … si elle vous raconte une histoire incroyable ce ne sera peut être pas le fait de sa sénilité mais bien un cadeau, une clé de votre histoire …
Pascale BERNARD psychothérapeute en Psychosynthèse Formée à la méthode ESPERE par J.Salomé et M. Daumas co-secrétaire d’Ardèche Bien Etre Mirabel 07 170 – 06 72 04 05 58 Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir *Jacques SALOME est l’auteur de nombreux ouvrages, il a créé une approche simple et efficace pour mieux communiquer. Il la nomme méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle). ** Approche humaniste créée par le Docteur Roberto ASSAGIOLI, contemporain de Jung. www.psychosynthese.com/sfpt/sfpt.html.
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