Lorsque leurs bourdonnements agacent, la majorité des insectes, comme la mouche
domestique, Musca Domestica, vivent près des animaux, se nourrissent en léchant leur sueur, leurs larmes, les croûtes et autres sécrétions, les excréments et parfois leur sang sans altérer la santé. Lorsqu’ils sont trop nombreux, leur
bourdonnement peut gêner le chien, le chat, le cheval ou les bovins mais aussi les hommes qui vivent proches des animaux. Les animaux sont agités, cherchant à éloigner les insectes qui font plus de bruit que d’action, comme la mouche de la fable «le coche et la mouche».
Lorsque leurs piqures irritent
Les moustiques femelles, les taons, en piquant pour absorber leur repas de sang injectent avec sa salive une substance qui permet au sang de rester fluide lorsqu’il l’aspire. Cette substance irrite la peau de l’animal piqué. Au niveau de chaque piqûre, peut alors se développer une zone rouge, gonflée, chaude et qui démange.
Cette réaction, c’est l’organisme qui, agressé, réagit pour détruire le toxique injecté par le moustique. Ces piqûres déclanchent chez les animaux des démangeaisons, et plus le cheval ou le chien se gratte plus la peau est irritée et plus il se gratte à nouveau dans un cycle parfois autoentretenu. Les chenilles processionnaires, par leurs poils urticants, brûlent les animaux qui les touchent.
Lorsque l’animal est hôtel-restaurant pour l’insecte
D’autres insectes ont besoin des mammifères pour boucler leur cycle de vie. Les mammifères sont les maternités et les nurseries où se déroulent la ponte, le développement des larves. L’adulte qui est l’insecte volant pond ses œufs sur la peau du cheval pour les stomoxes dont les vers sont les gastérophiles ou de la vache pour la mouche hypoderma du varon. L’œuf éclot, libère une larve qui traverse la peau de la vache ou du cheval et poursuit son chemin. Dans le mammifère, la larve se transforme progressivement en un adulte qui va retrouver les airs le moment venu. Ces larves sont des vers qui se nourrissent des déchets dans les estomacs et intestins des vaches et chevaux. Pour la survie des insectes et la biodiversité de l’environnement, la collaboration insecte mammifère est indispensable et les animaux domestiques le vive très bien si les insectes ne sont pas trop nombreux. Lorsque les insectes sont très nombreux, les vers sont très nombreux et causent des dégâts dans le corps des animaux qui les hébergent.
Limiter les insectes adultes est donc une prévention efficace contre leurs vers.
Lorsqu’ils portent des germes
Certains insectes peuvent transmettre des germes. Ainsi, la mouche d’automne qui se pose sur la tête et les naseaux l’automne venu, et y dépose une bactérie nommée Moraxella bovis responsable de la kératoconjonctivite infectieuse (un point blanc apparaît sur l’œil) des vaches par irritation de l’œil. D’autres, comme le moucheron culicoïdes qui transmet le virus de la Fièvre Catarrhale Ovine dans le sang des moutons ou des vaches en les piquant pour se nourrir de leur sang.
Parmi les mouches d’automne ou les moucherons culicoïdes, peu d’individus hébergent et transmettent les germes. Lorsque le germe atteint l’œil de la vache ou pénètre dans le sang de la vache, une grande part des germes meurent, attaqués par les défenses naturelles des vaches. Les germes se développent préférentiellement Lorsque la vache est en mauvaise santé ou lorsque son système immunitaire ne fonctionne pas ou mal, le germe se développe aisément.
Petits soins opportuns /soulager
Les insectes sont souvent plus actifs par temps d’orage d’où l’agitation des animaux domestiques.
Si un insecte pique votre animal, lavez la piqûre avec du savon de Marseille, mettez de la glace, une compresse d’eau salée. En pleine nature, frotter la piqûre avec des feuilles de plantain soulagera l’animal. Si la piqûre provoque une réaction violente, consultez un vétérinaire. L’ail, donné à vos animaux dans un morceau de pomme ou de carotte pour les herbivores, dans un morceau de viande pour les carnivores, contient des composés soufrés qui vont se retrouver dans le sang, puis migrer dans la peau et éloigner les insectes.
Lorsque l’animal est hypersensible
Le chat, certaines races de chiens et le cheval, dont la peau est très fine et sensible réagissent fortement aux piqures d’insectes et développent des réactions d’hypersensibilité ou allergie.
Chez les chevaux, on connaît la dermatite estivale récidivante réaction aux piqûres des moucherons les simulies ou les culicoïdes pulicaris. Tant que le message du cheval par ces symptômes, n’est pas identifié, les symptômes persistent et reviennent chaque année.
Les défenses naturelles des animaux
Lorsque les insectes se font trop envahissants, les animaux se lancent au galop, et peut aussi faire des mouvements brusques, frapper le sol avec leurs sabots ou encore secouer la tête pour s’en débarrasser.
Le toupet et la crinière, les poils des chiens contribuent à protéger ses yeux, sa tête et son encolure, endroits particulièrement prisés par les insectes. Il se sert également de sa queue pour balayer une bonne partie de son corps. Au pré, les chevaux et parfois les vaches se positionnent souvent en tête-bêche. Cette position leur permet de se chasser mutuellement les mouches sur la tête de l’autre avec les mouvements de leurs queues. Enfin, le cheval et les ruminants dispose d’une dernière astuce pour faire fuir les insectes, ils font frissonner leur peau au niveau de l’épaule et de l’avant-bras. Ainsi, laisser au naturel les crins des chevaux, les franges des chiens, les queues des animaux, leur offre davantage de confort pour l’été.
Les porcs,les sangliers et certains chiens se baignent dans la boue, les oiseaux prennent des bains de poussière et les chevaux se roulent dans la terre pour se protèger des certains insectes. La terre masque leur odeur et les insectes, soit ne sentent plus le mammifère, soit ne peuvent le piquer ou s’accrocher à sa peau. La boue asphyxie les insectes et les éloigne.
L’insecte un simple révélateur
Au sein d’un troupeau vivant dans les mêmes prés, ou du groupe des chiens et chats d’une même maison, seuls quelques animaux ont des symptômes : se grattent, perdent leurs poils, ont la peau irritée. Les moucherons ne sont que des déclancheurs mais ne sont pas la cause initiale. Si les insectes étaient la cause, tous les animaux piqués ou léchés réagiraient pareillement. La cause n’est pas extérieure mais propre au cheval, à la vache,au chien, au chat, à son immunité, à sa façon de vivre, à son histoire, aux traumatismes qu’il a vécu.
Marie Christine FAVE
Diplômée des écoles nationales
vétérinaires - 06 11 59 54 16
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