Peu farouches, les mouches effarouchent !
Les mouches, moucherons, moustiques, taons, poux, mélophages et ténébrions appartiennent à la grande famille des Insectes. Comme nombre d’animaux, ils s’éveillent au printemps, se reproduisent durant les beaux jours et sont très actifs l’été suivant le cycle des plantes qui leur offrent la nourriture (pollen, nectar, sève, feuilles) ,le logement et le nid pour pondre.
En échange, les insectes protègent les plantes, les soulagent de certains parasites et assurent leur reproduction (pollinisation) et leur dissémination en transportant leur pollen puis leur graine.
Certains insectes se nourrissent de sécrétions animales (écoulements du nez, de la bouche, des yeux, de la peau) et des sécrétions de plaies qu’ils lèchent, d’autres, du sang des animaux qu’ils piquent. Ils aident ainsi les animaux à éliminer leurs déchets et toxiques.
Les insectes sont des animaux utiles qui ont leur activité et contribuent à l’équilibre des écosystèmes.
Pour éviter l’invasion par les insectes, il est possible de limiter leur invasion estivale en agissant dès à présent. Éliminer tous les insectes d’un milieu est illusoire et dangereux pour l’équilibre de la Vie. En revanche, il est possible de limiter leur prolifération et de les éloigner des animaux.
Le cycle de vie: de l’ombre à la lumière
Connaître la vie des insectes permet de trouver un équilibre entre l’insecte, les animaux
domestiques et l’homme et de cohabiter au mieux sans être envahi.
La majorité des insectes pondent des œufs qui vont éclorent en larves qui vont se
métamorphoser en adultes. Pour que les œufs d’insectes éclosent, il faut un certain taux
d’humidité, entre 65 % et 85 %.
Cela correspond au fumier raclé, à des restes de nourriture, de la
paille ou du foin humidifiés par l’urine. Dans ces lieux, en quelques
jours naît une larve.
La larve cherche un endroit plus sec, à l’abri de la lumière comme le long des murs, dans un fumier riche en paille.
L’absence de fumier résiduel, de matière organique dans les locaux non
occupés l’été est une bonne prévention pour limiter les insectes.
L’épandage de lithothamne des Glénan (algues), le carbonate de calcium sur le sol des bâtiments vides, favorise l’assèchement.
L’objectif de l’entretien n’est pas d’obtenir un milieu stérile, mais
de limiter les amas de matière organique où les mouches vont pondre.
Eloigner le tas de fumier des bâtiments, le tasser, le composter ;
balayer les aires d’alimentation entre chaque repas s’avère efficace.
Aérer, laver et bien sécher avant que le chat ou chien y retourne, les
tapis, coussins ou paniers limite l’installation des œufs et larves.
Les prédateurs régulateurs
De nombreux oiseaux comme les hirondelles, des mammifères comme la
chauve-souris ou nos chats et chiens, les batraciens, les araignées, et
enfin de nombreux acariens se nourrissent des mouches, de leurs œufs ou
de leurs larves. Cette faune naturelle peut réduire jusqu’à 60% la
population des insectes vivants dans les bâtiments.
Conserver les arbres, arbustes et végétaux qui abritent ces animaux est
donc utile. L’arbre qui entoure les habitations des animaux et des
hommes héberge les oiseaux qui mangent les insectes.
La désinsectisation : une illusion
L’utilisation d’insecticides chimiques, interdite en agriculture
biologique outre sa toxicité pour les hommes, pour les animaux traités
et les autres animaux utiles montre aujourd’hui ses limites. Après
quelques années de lutte avec des antiparasitaires de synthèse contre
les poux piqueurs, on observe dans les campagnes françaises une flambée
de poux broyeurs qui résistent aux insecticides. C’est une course sans
fin dans laquelle l’homme est plus démuni que les insectes qui eux
deviennent de plus en plus forts.
Les mouches font mouche
Dans des conditions optimales (nourriture suffisante, chaleur, autant
de mâles que de femelles, pas de mortalité de la ponte à l’éclosion et
durant la métamorphose)
UNE seule mouche femelle peut donner PLUSIEURS MILLIARDS de mouches dans trois mois.
Détruire les insectes sans nuire :
elles touchent, vous faites mouche
Des méthodes de lutte alternative contre les
insectes existent. Des pièges électroniques à UV : ils sont efficaces
dans les lieux clos et sont répandus dans les
fromageries et certaines laiteries.
Des pièges à insectes :
il
s’agit de papier « tue-mouche » imbibé de glue et de phéromones qui
attirent les mouches et parfois les autres insectes de façon sélective
(car la phéromone est spécifique) et les mouches s’y collent. Il existe
des rubans de largeur adaptée aux bâtiments d’élevage.
Eloigner les insectes : eau, air, essences
- Les senteurs :
Les géraniums et lavandes sauvages, sur les
fenêtres et balcons des habitations dégagent des essences qui repoussent les moustiques.
- la fraîcheur :
Les
insectes fuient les courants d’air, comme ceux créés par ventilateurs.
L’inconvénient est que les vaches, chevaux, chiens, chats et la plupart
des Mammifères craignent aussi les courants d’air et l’air frais,
surtout si les ventilateurs sont à hauteur du ventre ou au niveau des
reins. Cela peut entraîner des problèmes de santé (cellules, mammites
…).
- la couleur :
les murs, sols, paniers, gamelles,
abreuvoirs, colliers, licols, couvertures et auges de couleur bleu roi
repoussent les mouches et offrent la tranquillité du ciel bleu à
l’animal.
En juillet, nous suivrons le vol des insectes et leur incidence lorsqu’ils rencontrent nos animaux domestiques.
Marie Christine FAVE
Diplômée des écoles nationales vétérinaires - 06 11 59 54 16
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